Jusqu’au 1er novembre, la Philharmonie de Paris consacre une exposition à un sujet qui en a rarement : la musique des jeux vidéo. Video Games & Music, sous-titrée La musique dont vous êtes le héros, suit cette musique depuis ses premiers bips électroniques jusqu’aux œuvres symphoniques et expérimentales.
L’exposition est conçue par Fanny Rebillard, musicologue, et Jean Zeid, journaliste spécialisé dans le jeu vidéo. La scénographie est signée La Sagna & Racine.
Un parcours que l’on choisit
Selon la Philharmonie, l’agencement s’inspire d’un jeu en monde ouvert. Les visiteurs choisissent leur propre chemin parmi des modules interactifs, des jeux jouables, des consoles, des instruments, des photographies, des œuvres d’art et des contenus audiovisuels. Une partie du parcours est un tunnel courbe revêtu de métal, éclairé par des projecteurs colorés qui jettent des taches de lumière rouge, verte, jaune et bleue sur le sol ; des bornes d’arcade s’alignent d’un côté, des œuvres encadrées et des postes d’écoute au casque de l’autre.

Ailleurs, des mannequins en costumes de scène se tiennent parmi des manettes en forme de guitare et des tambours, devant un horizon de ville nocturne.

Des premiers bips aux symphonies
L’histoire racontée par l’exposition commence dans les laboratoires de recherche des années 1960 et dans les salles d’arcade des années 1970. Les limites techniques ont façonné les premiers sons : l’audio électronique minimal de Pong (1972) en est le point de départ habituel, et les technologies plus récentes ont ensuite permis des partitions plus riches. Contrairement à une musique de film, la musique de jeu peut réagir en temps réel aux actions du joueur. Just Dance, qui utilise des capteurs de mouvement, fait partie des exemples donnés.
À côté de l’une des projections, un cartel explique que le morceau « The High Seas » est découpé en plusieurs parties, jouées en boucles.

Parmi les jeux cités sur la page de la Philharmonie figurent Super Mario Bros, Streets of Rage, Just Dance et Electroplankton. La presse mentionne aussi les compositeurs Kōji Kondō (Super Mario, The Legend of Zelda) et Nobuo Uematsu (Final Fantasy), ainsi que la demoscene et la chiptune, cette musique construite à partir des sons des premières consoles et des premiers ordinateurs.
Des artistes au-delà de l’écran
L’exposition ne parle pas que de jeux. La Philharmonie annonce des œuvres de culture pop d’Invader et d’eBoy, ainsi que de grands « biomes » mobiles projetés sur les murs, créés par l’artiste Mounir Ayache. La presse cite également Jean-Michel Jarre, Radiohead et le Wu-Tang Clan parmi les musiciens qui puisent dans les sons du jeu vidéo.
Informations pratiques
L’exposition se tient à la Philharmonie de Paris, 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris (métro ligne 5, Porte de Pantin, ou tramway T3b), du 2 avril au 1er novembre 2026. Les horaires varient selon les périodes : consultez le site de la Philharmonie avant de venir. Le catalogue de l’exposition coûte 39,90 €. La Philharmonie signale que certains effets lumineux peuvent gêner les personnes sensibles à la photosensibilité ou à l’épilepsie, et que certains jeux jouables ne sont pas compatibles avec des manettes alternatives ou des réglages d’accessibilité adaptés.
Sources : la page de programmation de la Philharmonie de Paris ; articles de Numéro, du CNC et de Sortiraparis. Photographies de Kasra Aliha pour Honargardi, octobre 2026.
