PhotoSaintGermain, le festival annuel de photographie de la Rive gauche, a ouvert sa 15e édition le 5 novembre 2026 et se poursuit jusqu’au 28 novembre. Près de quarante lieux y participent — galeries, musées, centres culturels, écoles et librairies, surtout dans les 6e et 7e arrondissements — et le festival porte cette année le label du ministère de la Culture pour le Bicentenaire de la photographie. Voici quatre des expositions inaugurées dès le premier jour.
Tina Barney, « Beginnings » — Zander Galerie
Au 6 rue Jacob, Zander Galerie présente Beginnings, six premières photographies en noir et blanc de l’Américaine Tina Barney (née en 1945). Elles datent de la fin des années 1970, quand elle photographiait les étés dans le Rhode Island au 35 mm, et elle les a redécouvertes en explorant ses archives pendant la pandémie. Les visages restent souvent hors champ : les images s’attachent plutôt aux gestes, aux postures, aux vêtements, aux cheveux, au verre et aux effets atmosphériques, et annoncent déjà les codes de classe sociale et de vie familiale qui traversent son travail ultérieur en couleur. La galerie rapporte qu’elle les compare aux esquisses libres qu’un peintre réalise avant une composition plus ambitieuse. Le vernissage a eu lieu le jeudi 5 novembre, de 18 h à 21 h ; l’exposition se poursuit jusqu’au 9 janvier 2027.
Vingt photographes pour quarante ans — Galerie Berthet-Aittouarès

La galerie Berthet-Aittouarès, rue de Seine (le festival indique les nos 14 et 29), fête ses 40 ans avec 20 photographes fêtent les 40 ans de la galerie, de Mario Giacomelli à Antoine Schneck : vingt photographes qui ont marqué son histoire, présentés dans le cadre de PhotoSaintGermain et du bicentenaire de la photographie. La galerie a été fondée en 1986 par Michèle Aittouarès ; sa fille Odile l’a rejointe en 2000 et a créé un département consacré à la photographie. Les œuvres vont des années 1950 à aujourd’hui, de l’approche graphique et picturale de Giacomelli à la photographie humaniste et engagée de Jean Dieuzaide et Letizia Battaglia ; la page de la galerie nomme aussi John Craven, Malick Sidibé, Antoine Schneck et Franco Zecchin. Le vernissage a eu lieu le jeudi 5 novembre ; l’exposition se poursuit jusqu’au 28 novembre, du mardi au samedi, de 11 h à 13 h et de 14 h 30 à 19 h.


« C’est un regard de l’eau » — Galerie du Crous de Paris

La galerie du Crous de Paris, au 11 rue des Beaux-Arts, réunit trois recherches soutenues par le Centre national des arts plastiques (Cnap) grâce à son dispositif de soutien à la photographie documentaire. Le titre fait écho à L’Eau et les rêves de Gaston Bachelard (1942), et l’eau irrigue les trois projets. Le commissariat est assuré par Pascal Beausse, responsable de la collection photographie du Cnap, et Aurélia Marcadier, directrice de PhotoSaintGermain.

Guillaume Bihan et Daria Svertilova parcourent les rives du Danube jusqu’en Ukraine pour représenter une jeunesse suspendue entre enfance et âge adulte, dont l’avenir reste incertain. Daphné Nan Le Sergent s’intéresse au Japon, à la Corée du Sud et à Taïwan, territoires au cœur de l’industrie mondiale des semi-conducteurs, où les données ont acquis une valeur de ressource comparable à celle de l’eau ; elle déploie des analogies visuelles, sonores et poétiques autour des nouvelles formes de circulation, de pouvoir et de dépendance. Clément Chapillon porte son regard sur la mer Morte, où Palestiniens et Israéliens viennent, le temps d’une immersion, échapper à leur propre poids, tandis que la rive recule et garde la trace de la disparition lente de la mer.


L’exposition est ouverte jusqu’au 28 novembre, du mardi au samedi, de 11 h à 13 h et de 14 h à 19 h.
Jindřich Štreit et la FAMU — Centre tchèque de Paris

Au Centre tchèque de Paris, 18 rue Bonaparte, deux expositions se partagent le festival. Humanity est consacrée à Jindřich Štreit, photographe tchèque qui fête ses 80 ans cette année : des tirages argentiques inédits, choisis dans ses archives, qui montrent des habitants de régions marginalisées en mutation, en Bohême et en France, dans les années 1990. Selon la presse tchèque, environ soixante-dix images ont été réalisées à Saint-Quentin, dans le nord de la France, lors de séjours de commande en 1992–1994, aux côtés de sélections d’autres séries ; les organisateurs y voient sa première grande rétrospective à Paris. Le commissariat est assuré par Štěpánka Stein et Emmanuelle de l’Écotais, fondatrice du festival Photo Days.

La seconde exposition, Y a pas photo !, sous le commissariat de Noemi Purkrábková, met à l’honneur l’enseignement de la photographie à la FAMU, l’école de cinéma de Prague fondée en 1946. Elle met en scène un dialogue entre générations et interroge l’évolution du rapport entre photographie et réalité, ainsi que la manière dont les images façonnent notre perception du monde contemporain. Selon le site du Centre lui-même, les deux expositions se tiennent du 5 novembre 2026 (vernissage ce jour-là à 18 h) au 16 janvier 2027 ; le programme du festival indique les horaires d’ouverture : du jeudi au samedi, de 13 h à 19 h.


Informations pratiques
- Zander Galerie — 6 rue Jacob, Paris 6e ; jusqu’au 9 janvier 2027.
- Galerie Berthet-Aittouarès — 14 et 29 rue de Seine, Paris 6e ; jusqu’au 28 novembre, du mardi au samedi.
- Galerie du Crous de Paris — 11 rue des Beaux-Arts, Paris 6e ; jusqu’au 28 novembre, du mardi au samedi.
- Centre tchèque de Paris — 18 rue Bonaparte, Paris 6e ; jusqu’au 16 janvier 2027, du jeudi au samedi.
- PhotoSaintGermain — du 5 au 28 novembre 2026 ; parcours gratuit d’expositions à Saint-Germain-des-Prés.
Sources : programme PhotoSaintGermain 2026 ; Zander Galerie, Beginnings ; Expats.cz sur Jindřich Štreit ; galerie Berthet-Aittouarès dans le programme du festival ; site du Centre tchèque de Paris ; textes muraux photographiés sur place.
Texte et photographies : Kasra Aliha