Le 15 octobre 2026, le Metropolitan Museum of Art de New York a annoncé « Rembrandt and the Ancients » (« Rembrandt et les Anciens »), une exposition qu’il organise avec le musée du Louvre. Elle sera présentée au Met du 7 novembre 2027 au 6 février 2028, puis au Louvre du 22 mars au 3 juillet 2028. Le Met la présente comme sa première grande exposition consacrée à Rembrandt van Rijn (1606-1669) depuis plus de vingt ans. L’échéance est lointaine, mais le projet mérite d’être regardé dès maintenant : il propose d’aborder Rembrandt par un biais rarement exploré.
Un pan méconnu de l’œuvre
Le fil conducteur est le rapport de Rembrandt à l’histoire, à l’art et à la littérature de la Grèce, de Rome et du monde méditerranéen au sens large, de ses premiers grands tableaux d’histoire jusqu’aux portraits tardifs de héros et d’héroïnes. Le Met y voit un aspect sous-estimé mais essentiel de sa carrière.
Le communiqué replace cet intérêt dans le contexte de la République néerlandaise du XVIIe siècle : Amsterdam abritait des collections d’art antique et un théâtre consacré en partie à des drames antiques, et de nombreux textes de l’Antiquité y paraissaient en traduction néerlandaise. Dans le même temps, l’ouverture au monde de la République, comme les évolutions de la science et de la philosophie, éclairaient mais aussi mettaient à l’épreuve la sagesse que l’on prêtait de longue date aux Anciens. C’est dans cet environnement que Rembrandt aurait élaboré une lecture résolument moderne de l’Antiquité, mobilisant ses thèmes et ses motifs pour parler de son propre temps.

Ce que l’on verra
L’exposition réunira plus de 125 œuvres, dont environ 70 de Rembrandt (peintures, gravures et dessins), plusieurs montrées aux États-Unis pour la première fois, ainsi que des objets antiques et de la Renaissance qui lui ont servi de points de référence. Parmi les œuvres de la collection du Met figure Aristote contemplant le buste d’Homère (1653).
Les prêts annoncés sont de premier plan : L’Enlèvement de Ganymède (Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde) ; Femme se baignant dans un ruisseau (National Gallery, Londres) et Bethsabée tenant la lettre du roi David (musée du Louvre), toutes deux présentées aux États-Unis pour la première fois ; et, pour la première fois de son histoire aux États-Unis, le monumental Oath of the Batavians (« Le Serment des Bataves » ; Konstakademien, Académie royale des beaux-arts de Suède, Stockholm). Le tableau du Louvre sera accompagné du relief romain antique (Palazzo Altemps, Rome) et d’œuvres graphiques apparentées dont il s’inspire.
Les dessins ne sont pas en reste : les trois croquis de bustes romains de Rembrandt (Albertina, Vienne ; Bibliothèque royale de Turin ; Kupferstichkabinett, Berlin), Diane et Actéon (Kupferstich-Kabinett, Dresde) et L’Idolâtrie de Salomon à la sanguine (Louvre).

Nota bene : Bellone (1633) et Flore (vers 1654), reproduites ici, appartiennent aussi à la collection du Met et ont pour sujet des divinités romaines. Le communiqué ne les cite pas parmi les œuvres annoncées ; elles servent seulement à donner une idée du registre.

Un projet franco-américain
L’exposition est organisée par le Met et le Louvre. Ses commissaires sont Joanna Sheers Seidenstein, conservatrice associée au département des dessins et estampes du Met, et Blaise Ducos, conservateur chargé de la peinture flamande et hollandaise du Louvre. Un catalogue richement illustré, avec des contributions des commissaires et d’autres spécialistes, accompagnera l’exposition ; les programmes éducatifs et publics seront annoncés ultérieurement.
Pour le public parisien, l’étape du Louvre en 2028 sera le rendez-vous. Le communiqué n’en détaille pas encore le contenu : rien n’indique, à ce stade, que le parcours parisien reprendra à l’identique la sélection new-yorkaise.
Ce que l’on retient
Le mérite du projet tient à son angle. Rembrandt est souvent associé à la tradition, au « vieux maître » par excellence ; le Met et le Louvre entendent montrer au contraire à quel point son usage de l’Antiquité fut libre et inventif, et les œuvres antiques et graphiques placées à côté des tableaux permettront de juger sur pièces. Il faudra attendre les programmes et la liste définitive des œuvres pour en mesurer l’ampleur ; à ce stade, il s’agit d’une annonce.
Rembrandt and the Ancients — The Met Fifth Avenue, Tisch Galleries, salle 899, 2e étage, New York, du 7 novembre 2027 au 6 février 2028 ; puis musée du Louvre, Paris, du 22 mars au 3 juillet 2028.
Sources : communiqué du Met (15 octobre 2026) ; salle de presse du Met.
Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.