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Editorial, نویسنده در Honargardi

Auteur/autrice : Editorial

  • Mary Cassatt à Orsay : l’hommage que la France lui devait

    Mary Cassatt à Orsay : l’hommage que la France lui devait

    Elle a vécu une soixantaine d’années en France, exposé à quatre reprises avec les impressionnistes à l’invitation d’Edgar Degas, et pourtant Mary Cassatt (1844-1926) n’avait jamais eu droit, dans les musées nationaux français, à une grande exposition. C’est chose faite depuis ce 6 octobre 2026 : le musée d’Orsay ouvre « Mary Cassatt. L’indépendante », présentée par le musée comme la première exposition majeure que lui consacrent les musées nationaux. Elle se tient jusqu’au 31 janvier 2027 et marque le centenaire de la disparition de l’artiste.

    Le retard est réel. Les archives d’Orsay ne gardent la trace que d’une présentation antérieure, en 1988, conçue avec la Bibliothèque nationale et centrée sur l’œuvre graphique. Près de quarante ans plus tard, l’ambition a changé d’échelle : près de 80 tableaux, pastels et estampes couvrant toute la carrière, des œuvres de collections européennes publiques et privées rarement montrées, des prêts américains peu vus hors des États-Unis, et l’appui de lettres inédites.

    Présentée au niveau 0, dans le grand espace d’exposition du musée, avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, l’exposition voyagera ensuite à la National Portrait Gallery de Londres (4 mars – 6 juin 2027) puis au Museum of Fine Arts de Boston (7 juillet – 28 novembre 2027).

    Mary Cassatt, Femme dans une loge, 1879
    Mary Cassatt, Femme dans une loge, 1879. Huile sur toile, 81,5 × 59,5 cm. Philadelphia Museum of Art, legs de Charlotte Dorrance Wright, 1978 (1978.1.5). Image courtesy of the Philadelphia Museum of Art. Visuel presse : musée d’Orsay.

    L’indépendance comme grille de lecture

    Tout est dans le titre. « Je suis indépendante ! », proclamait-elle. L’exposition la prend au mot et relit sa trajectoire à travers ce principe directeur plutôt qu’à travers l’étiquette de peintre des « mères à l’enfant » qui lui colle à la peau. Le déplacement est salutaire : ce genre, rappelle Orsay, était aussi une stratégie de marché — un sujet très demandé qu’elle maîtrisait et vendait, parallèlement aux portraits de commande. Ce qui semblait l’enfermer devient alors le signe d’une vraie lucidité professionnelle.

    Tout aussi décisif : son rôle de « consultante » auprès de proches et d’amis américains qui constituaient leurs collections, notamment impressionnistes. Pour comprendre comment tant de peinture française de cette époque a trouvé place dans les musées américains, ce fil est essentiel. Cassatt n’était pas seulement une peintre du mouvement ; elle en fut l’un des relais outre-Atlantique.

    Mary Cassatt, Le Thé, vers 1880
    Mary Cassatt, Le Thé, vers 1880. Huile sur toile, 64,8 × 92,1 cm. Boston, Museum of Fine Arts, Fonds M. Theresa B. Hopkins. Photography © Museum of Fine Arts, Boston. Visuel presse : musée d’Orsay.

    Le décor disparu et la salle du suffrage

    Deux sections promettent le plus de nouveauté. La première évoque Modern Woman, le décor monumental (environ 4 × 18 m) réalisé pour le Pavillon de la Femme de l’Exposition universelle de Chicago en 1893 — la plus importante commande de sa carrière, aujourd’hui disparue —, à travers estampes et pastels liés au projet et un film proposant sa restauration numérique. Les Dix Planches en couleurs sont relues dans cette même phase expérimentale, liée à ses idées progressistes sur l’éducation des femmes.

    Le parcours se clôt sur le terrain politique, avec une sélection de tableaux présentés en 1915 à New York lors de l’exposition qu’elle organisa avec son amie Louisine Havemeyer au profit du suffrage féminin. Finir là, c’est affirmer que son indépendance débordait l’atelier et le marché pour devenir engagement public.

    Mary Cassatt, Lilas à la fenêtre, vers 1880-1883
    Mary Cassatt, Lilas à la fenêtre, vers 1880-1883. Huile sur toile, 61,5 × 51,1 cm. New York, The Metropolitan Museum of Art, don de M. et Mme Douglas Dillon, 1997. © The Metropolitan Museum of Art, Dist. GrandPalaisRmn / image of the MMA. Visuel presse : musée d’Orsay.

    Pourquoi maintenant

    Le commissariat réunit Caroline Corbeau-Parsons et Anne Robbins (musée d’Orsay), Sarah Moulden (National Portrait Gallery, Londres) et Erica Hirshler (Museum of Fine Arts, Boston). L’exposition s’inscrit dans les 40 ans du musée, et l’achat en 2026 de la Jeune fille au banjo (1894), qui ouvre la page de l’exposition, laisse penser que l’institution entend inscrire cet intérêt dans la durée.

    Pour les lecteurs de Honargardi, l’exposition pose une question familière dans un cadre nouveau : comment les institutions réintègrent-elles les artistes femmes dans des histoires dont elles n’ont jamais été absentes ? En France, où Cassatt a vécu et travaillé l’essentiel de sa vie, le premier grand hommage des musées nationaux arrive un siècle après sa mort — et selon les termes qu’elle avait elle-même choisis.

    Mary Cassatt. L’indépendante — musée d’Orsay, Paris, du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027.
    Source : musée d’Orsay, page officielle de l’exposition
    Dossier presse : espace presse du musée d’Orsay

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

  • Zurbarán au Louvre : le peintre du silence investit le Hall Napoléon

    Zurbarán au Louvre : le peintre du silence investit le Hall Napoléon

    Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027, le Louvre présente dans le Hall Napoléon « Zurbarán 1598-1664 », rétrospective organisée avec la National Gallery de Londres et l’Art Institute of Chicago. Francisco de Zurbarán compte, avec Velázquez et Murillo, parmi les plus grands peintres espagnols du XVIIe siècle ; il reste pourtant, des trois, le moins familier du grand public.

    La présentation du musée est éclairante. Longtemps rangé parmi les caravagesques marqués par l’ascétisme monastique, Zurbarán n’a été reconnu qu’au XXe siècle comme un coloriste prodigieux, au style immédiatement identifiable, qui allie la simplification des volumes à un naturalisme saisissant. Le Louvre ne revendique pas une monographie exhaustive mais une sélection ambitieuse de tableaux de premier ordre, en sept sections suivant une logique chrono-thématique qui s’autorise parfois des regroupements hors chronologie.

    L’ampleur est réelle : selon le communiqué du Louvre, 65 tableaux sont réunis, dont 50 de la main du maître. Si Zurbarán a fait l’objet de plusieurs expositions au cours de la dernière décennie, son œuvre n’avait pas bénéficié d’une présentation internationale de cette envergure depuis la monographie du Metropolitan Museum of Art et du Grand Palais, en 1987-1988.

    Francisco de Zurbarán, Crucifixion
    Francisco de Zurbarán, Crucifixion. CC0 The Art Institute of Chicago. Visuel presse : musée du Louvre.

    Moines, saintes et natures mortes

    Les grandes toiles issues des commandes monastiques andalouses, qui ont fait sa renommée, occupent le premier plan, mais portraits et natures mortes ont toute leur place, tout comme la courte production de son fils Juan de Zurbarán (1620-1649) — occasion rare de confronter l’œuvre du fils à celle du père. L’image qui ouvre la page de l’exposition, Sainte Casilda (vers 1635, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid), résume beaucoup : une figure seule, somptueusement vêtue, sur fond d’obscurité, entre portrait de cour et image de dévotion.

    Francisco de Zurbarán, L'Exposition du corps de saint Bonaventure
    Francisco de Zurbarán, L’Exposition du corps de saint Bonaventure. © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux. Visuel presse : musée du Louvre.

    Un épilogue moderne

    Le choix le plus parlant intervient à la fin : quelques œuvres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle — Édouard Manet, Pablo Picasso, Juan Gris — referment le parcours et rappellent l’importance de Zurbarán pour les avant-gardes françaises. Ce dépouillement des formes et cette lumière intense, lus hier comme piété, apparaissent aujourd’hui comme une audace plastique.

    Francisco de Zurbarán, Saint Sérapion
    Francisco de Zurbarán, Saint Sérapion. © Allen Phillips / Wadsworth Atheneum. Visuel presse : musée du Louvre.

    Un automne espagnol

    La rétrospective partage son espace, et une scénographie conçue conjointement, avec « Sculpter la couleur », consacrée aux chefs-d’œuvre du musée national de Sculpture de Valladolid ; un même billet donne accès aux deux. Autour d’elles, le Louvre déploie une véritable saison espagnole : concert d’ouverture de l’Ensemble Cantoria dirigé par Jorge Losana le 7 octobre, carte blanche cinéma à Rossy de Palma, conférences et « Grand Week-end Espagne » en décembre. Le commissariat est assuré par Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures, avec Francesca Whitlum-Cooper et Daniel Sobrino Ralston (National Gallery) et Rebecca Long (Art Institute of Chicago).

    Ce dialogue entre dévotion peinte et dévotion sculptée constitue la thèse discrète de la saison. Dans l’Espagne du XVIIe siècle, les deux arts rivalisaient pour rendre le sacré tangible ; côte à côte, les figures presque sculpturales de Zurbarán pourraient enfin apparaître pour ce qu’elles étaient : des images faites non seulement pour être regardées, mais pour être ressenties.

    Zurbarán 1598-1664 — musée du Louvre, Hall Napoléon, du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027.
    Source : musée du Louvre, page officielle de l’exposition
    Dossier presse : espace presse du musée du Louvre

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.