Le Petit Palais, à Paris, ouvrira le 10 novembre 2026 l’exposition Bruxelles 1900, selon le communiqué du musée. Elle réunit plus de 250 œuvres — peintures, sculptures, arts décoratifs, affiches, bijoux, photographies, architectures et arts graphiques — pour restituer la scène artistique de la capitale belge au tournant du XXe siècle. L’exposition se tient jusqu’au 25 avril 2027.
L’exposition est réalisée en partenariat avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, les Musées royaux d’Art et d’Histoire et la Bibliothèque royale de Belgique (KBR), qui consentent des prêts exceptionnels, précise le Petit Palais. Elle bénéficie aussi du soutien du musée d’Orsay. Son titre renvoie à l’Exposition universelle de 1900 à Paris : selon le musée, la section belge présentée dans le Grand Palais, tout juste inauguré, avec près de 150 peintures et sculptures, suscita un enthousiasme unanime et consacra Bruxelles comme l’un des grands centres artistiques européens.
Sept sections thématiques
Le communiqué indique que le parcours s’organise en sept sections. Il s’ouvre sur les cercles artistiques, tels que La Libre Esthétique, qui ont façonné la vie culturelle bruxelloise à la fin du XIXe siècle et favorisé les collaborations entre peintres et écrivains ; le musée cite Léon Spilliaert et Maurice Maeterlinck, Émile Verhaeren et Théo Van Rysselberghe, ou encore Max Elskamp et Henry van de Velde. James Ensor, Fernand Khnopff, Léon Frederic et Jean Delville figurent parmi les personnalités clés.
Les sections suivantes abordent le mystère, le rêve et le surnaturel, avec Jean Delville, fondateur du cercle Pour l’art ; l’exaltation de la nature, de l’impressionnisme d’Anna Boch et de Juliette Wytsman au pointillisme de Théo Van Rysselberghe, Georges Lemmen et Georges Morren, en passant par le luminisme d’Émile Claus et le naturisme de Léon Frederic et Firmin Baes ; et la représentation du monde ouvrier par Constantin Meunier, Léon Frederic et Eugène Laermans. Une autre section examine le rapport à la tradition flamande.
L’exposition traite aussi de la notion d’« art total », où peinture, sculpture, architecture, mobilier, typographie et bijouterie poursuivent une même ambition, et du rôle de Bruxelles comme berceau de l’Art nouveau, avec les réalisations de Victor Horta, Paul Hankar et Henry van de Velde, d’après le communiqué. Le musée précise également que le parcours aborde les liens entre cet âge d’or artistique et les activités coloniales de Léopold II au Congo, notamment l’arrivée de matériaux comme l’ivoire et les bois exotiques, dans un contexte qu’il décrit comme faisant aujourd’hui l’objet d’un réexamen critique. La dernière section est consacrée aux artistes belges de l’Exposition universelle de 1900, dont plusieurs furent récompensés par des médailles.
Commissariat
Le commissariat général est assuré par Géraldine David, directrice générale des Musées royaux d’Art et d’Histoire ; Sara Lammens, directrice de la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) ; Annick Lemoine, présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et ancienne directrice du Petit Palais ; et Kim Oosterlinck, directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Le commissariat scientifique revient à Anne-Charlotte Cathelineau, conservatrice en chef du patrimoine en charge des sculptures au Petit Palais ; Davy Depelchin, conservateur en charge de la collection des peintures et des sculptures du XIXe siècle aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ; et Benjamin Foudral, directeur du Musée Gustave Courbet d’Ornans.
Informations pratiques : Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, avenue Winston-Churchill, 75008 Paris. Du 10 novembre 2026 au 25 avril 2027. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, avec nocturnes jusqu’à 20 h le vendredi et le samedi, selon le site du musée, qui indique aussi les tarifs et la réservation.
Le musée du Louvre ouvre le mercredi 4 novembre 2026 l’exposition Louvre Photo : plus de 300 photographies qui, selon le musée, prennent le Louvre lui-même pour modèle, sujet, source d’inspiration et objet de détournement. Présentée à la Mezzanine Napoléon, elle se tient jusqu’au 3 mai 2027.
Selon la page officielle de l’exposition, Louvre Photo est labellisée par le Bicentenaire de la Photographie du ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle de ce Bicentenaire, du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027. Le commissariat est assuré par Dominique de Font-Réaulx, conservateur général, chargée de mission auprès du Président-directeur du musée du Louvre, et par Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume.
Des premières images à aujourd’hui
D’après le dossier de presse du Louvre, la sélection court de la toute première prise de vue de Louis-Jacques Daguerre, en 1839, aux images d’aujourd’hui. Certaines ont été commandées par le musée, d’autres réalisées au gré de l’inspiration ; elles montrent des œuvres, des salles d’exposition, des visiteurs célèbres ou anonymes, des agents du musée, des recoins cachés et des espaces interdits au public. Le dossier rappelle que plusieurs projets de « musée de la photographie » au Louvre ont vu le jour dès les années 1850, sans qu’aucun n’aboutisse.
Le même document indique que le parcours suit aussi des moments de l’histoire du lieu : la transformation du palais en musée sous le Second Empire, la Commune, le déplacement puis le retour des œuvres pendant les deux guerres mondiales, et les travaux du Grand Louvre dans les années 1980.
Toutes les techniques photographiques, en un seul lieu
Parce que son sujet est circonscrit à un seul site, explique le dossier de presse, l’exposition peut présenter toutes les techniques photographiques, des premiers daguerréotypes aux images numériques, ainsi que des épreuves d’artiste, des reproductions, des projections, des films fixes et des cartes postales. Le parcours est thématique, avec une scénographie contemporaine qui, selon le musée, met l’accent sur les angles et les points de vue dynamiques. D’après la page de l’exposition, la scénographie est signée Juan-Felipe Alarcon et la conception graphique revient à l’Atelier Pierre/Pierre.
La page cite notamment Ballet du Louvre de Pierre Jahan (1947), Salle d’Auguste des frères Neurdein (avant 1896), Salle des États d’Auguste Léon (1920-1921, autochrome), Musée du Louvre de Barbara Klemm (1987) et Au Louvre de Robert Polidori (2003). Les visuels de presse comprennent aussi des œuvres de Candida Höfer (Grande Galerie, 2005), d’Édouard Baldus et de René Dagron.
Outre les fonds photographiques des départements du Louvre, le musée indique présenter des documents des Archives nationales, de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, de la Bibliothèque nationale de France, du musée d’Orsay, du musée Carnavalet et de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, ainsi que des commandes photographiques passées par le Louvre depuis le début des années 2000. Dans sa présentation, le musée cite Robert Polidori comme le dernier photographe invité à photographier le Louvre.
Pendant l’exposition, visiteurs et partenaires sont invités à envoyer leurs photographies du Louvre sur Instagram avec le mot-dièse #LouvrePhoto ; selon le musée, les images lauréates seront présentées dans l’exposition.
Lieu : musée du Louvre, 99 rue de Rivoli, Paris 1er (Mezzanine Napoléon). Dates : du 4 novembre 2026 au 3 mai 2027. Billetterie : selon la page de l’exposition, l’accès est compris dans la réservation du billet d’entrée au musée et, en fonction de l’affluence, un temps d’attente peut être nécessaire avant d’accéder à l’exposition ; la Ville de Paris recommande de réserver. Durée moyenne de la visite : 1 h 30. Langues : français et anglais. Le catalogue, Louvre Photo, est paru le 30 octobre 2026. Le programme du musée annonce une présentation par les deux commissaires, suivie d’une signature du catalogue, le 13 novembre à 12 h 30, et une visite avec les commissaires le 19 novembre à 11 h 30. L’exposition bénéficie du soutien de Visa Infinite.
Le jeudi 29 octobre 2026, la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), à Paris, accueillait le lancement du livre Le désir d’avant-garde de Sina Abedi, publié aux Éditions La Commune. L’ouvrage étudie deux décennies de modernisation architecturale en Iran, de 1960 à 1979. L’auteur a présenté ses recherches, s’est entretenu avec Richard Scoffier, architecte, enseignant et critique, puis a répondu aux questions du public.
Le public à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris, 29 octobre 2026. Photo : Kasra Aliha
Le livre
À la fin des années 1960, l’Iran, fort de la manne pétrolière, se rêve en centre régional de l’art et de l’architecture. Selon l’éditeur, l’État convoque les plus grands architectes occidentaux, multiplie revues, congrès et concours internationaux, et, sous le patronage de l’impératrice Farah Pahlavi, fait de l’architecture un instrument de prestige et de légitimation politique. De Téhéran à Ispahan, une génération d’architectes iraniens collabore avec des maîtres venus des États-Unis et d’Europe, aussi bien dans des programmes de logement de masse que dans la restauration de monuments historiques.
La contradiction qui donne son titre au livre est ce qu’Abedi appelle le « désir d’avant-garde » : une soif ardente de progrès, nourrie par un essor déséquilibré et par des idées occidentales importées déjà vieillissantes, qui a empêché l’émergence d’une avant-garde véritable et autochtone. Ispahan devient l’emblème de cette situation, entre le soin porté à ses jardins persans et l’arrivée de gigantesques complexes industriels. L’ouvrage compte 342 pages, est relié, s’appuie sur des sources inédites et de nombreuses illustrations, et court jusqu’à la révolution de 1979.
Le désir d’avant-garde de Sina Abedi, Éditions La Commune. Image : Éditions La Commune
L’espoir et la troisième voie
Ce compte rendu commence par les questions et réponses entre le public et l’auteur. Scoffier a demandé si, à la lecture du livre, on pouvait trouver une trace d’espoir : cette période peut-elle aider à repenser l’avenir ? Abedi a répondu que, malgré les apparences, les choses n’ont pas cessé de bouger. L’Iran compte aujourd’hui des centaines de jeunes architectes, pas forcément connus ni toujours en mesure de construire ce qu’ils veulent, ainsi que des écoles d’architecture, des universités et des chercheurs. Il perçoit un désir d’architecture contemporaine nouvelle qui émergera dès que les conditions le permettront, et il a laissé à l’histoire le soin de dire comment elle se développera.
Il a ensuite évoqué le golfe Persique. L’Arabie saoudite, les Émirats et le Qatar, aux contextes culturels très différents, investissent eux aussi dans l’architecture et veulent être avant-gardistes ; à ses yeux, ils auraient intérêt à regarder cette période de plus près. Sans prétendre juger leurs méthodes, il a dit voir de loin de la hâte et un goût pour les façades et les belles photographies.
Sina Abedi à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Photo : Kasra Aliha
Scoffier avait demandé si l’attention des médias et la lourde main de l’État n’avaient pas gêné un désir de changement profond. Abedi a répondu qu’il y avait bien, à l’époque, la volonté de faire venir de grands noms pour montrer que l’Iran était moderne, mais que les architectes iraniens n’étaient pas passifs. Selon lui, deux grands courants existaient : les traditionalistes, qui voulaient rester dans le cadre de la tradition, et ceux qui voulaient faire table rase. Un troisième groupe se demandait comment l’architecture iranienne elle-même pouvait fonder une autre architecture, une troisième voie entre les deux.
Le titre du livre, a dit Abedi, est lui-même une question : l’avant-garde peut-elle s’importer, et à partir de quand devient-on avant-gardiste ? Est-ce une étiquette qu’on peut acheter ? L’Iran voulait se présenter ainsi, mais il n’est pas devenu un pays d’avant-garde, et il pense que la tentative n’a pas abouti. Il a ajouté que, vu l’ancienneté de la civilisation iranienne, l’enjeu est plus grand encore pour des pays plus jeunes.
Les questions du public
La première question portait sur l’influence de la spiritualité iranienne préislamique sur l’espace de la mosquée. Scoffier a répondu qu’il n’y a pas de lien strict avec une typologie fixe et que l’espace islamique se définit moins par la forme que par l’atmosphère : passer d’une cour lumineuse à un couloir sombre, puis à un équilibre d’ombre et de lumière qui permet le retrait et la concentration. Il a comparé avec les églises orthodoxes, où la liturgie détermine la typologie. Abedi a jugé le sujet digne d’une thèse de doctorat, a recommandé A Sense of Unity: The Sufi Tradition in Persian Architecture de Nader Ardalan et Laleh Bakhtiar (1973), et a dit ne pas accepter le terme même d’« architecture islamique ».
Richard Scoffier (à gauche) et Sina Abedi. Photo : Kasra Aliha
Abedi a décrit son travail comme d’abord une forme de classement et de sauvetage, comme sur un site bombardé où l’on essaie d’abord de sauver ce qui peut l’être. Il l’a terminé il y a quatre ou cinq ans, et le livre est une sélection de ce qu’il a rassemblé ; il espère l’élargir. Il a décrit le livre comme une sorte de talisman pour espérer un avenir libre pour l’Iran, et dit espérer en discuter un jour dans un jardin d’Ispahan.
Sina Abedi écoutant Richard Scoffier. Photo : Kasra Aliha
Une autre question portait sur la résistance aux nouvelles esthétiques et sur ce dont l’avant-garde était l’avant-garde. Dans sa réponse, Abedi a décrit l’Iran de l’époque comme un laboratoire d’idées où cohabitaient des visions très différentes, parfois au sein d’une même famille : des traditionalistes attachés au patrimoine local et à sa sauvegarde, soutenus par des organismes internationaux comme l’Institut italien pour le Moyen et l’Extrême-Orient (IsMEO), et d’autres attirés par l’architecture moderne d’avant-garde. Pour lui, cette coexistence est plus ancienne que cette période et toujours présente dans la société iranienne. Sur l’avant-garde, il a dit que les Iraniens sont fascinés par l’Occident depuis des décennies et que l’avant-garde prenait son sens par rapport à lui, d’où le titre : des idées venues d’ailleurs, parfois déjà dépassées. Il a ajouté être un peu injuste, car cette période a aussi produit des projets remarquables.
Scoffier a ensuite fait un parallèle avec le cinéma : Abbas Kiarostami, considéré comme une figure majeure du cinéma contemporain, pourrait être dit d’avant-garde, mais sa qualité tient, selon lui, à ce qu’il a intégré la culture des miniatures persanes : il filme souvent en contre-plongée, avec beaucoup de sol et très peu de ciel, loin de la perspective de la Renaissance et des plans équilibrés entre le sol et le ciel.
Sina Abedi répondant aux questions du public. Photo : Kasra Aliha
Abedi a dit que s’il réécrivait le livre, il réduirait le nombre de sujets, tant il y a de données, et problématiserait davantage. Il écrit une suite. Sur l’espoir, il a évoqué le jardin : dans le monde iranien, le jardin et le paradis ne sont pas qu’un peu de verdure pour un prince, mais la cellule de base de la vie en terre désertique, à la fois réalité terrestre et symbolique, et le mot « paradis » vient lui-même d’un ancien mot iranien désignant un enclos muré (pairidaeza, en persan pardis). Le jardin, a-t-il dit, a peut-être changé de forme mais n’a pas disparu et reste très présent dans la vie des Iraniens ; il suffit de voir comment ils s’installent dans leurs tapis.
Scoffier a conclu par une réflexion sur le climat : sans climatisation, les maisons traditionnelles iraniennes fonctionnent comme des thermos, avec d’épais murs en briques crues, des canaux qui apportent la fraîcheur des montagnes enneigées et des tours à vent qui créent des courants d’air. À ses yeux, c’est désormais l’Occident qui se tourne vers l’Iran pour repenser l’architecture sur de nouvelles bases : non pas construire des objets ou des symboles, mais construire les environnements dont l’être humain a besoin pour s’épanouir.
Détails
Événement : jeudi 29 octobre 2026, de 18 h 30 à 20 h, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, Paris 6e.
Livre : Sina Abedi, Le désir d’avant-garde. Discours et pratiques de deux décennies de modernisation architecturale en Iran, 1960-1979, Éditions La Commune, 2026 ; 342 pages ; ISBN 979-10-94148-24-2.
Intervenants : Sina Abedi, né à Ispahan, docteur en architecture, chercheur et enseignant, chercheur associé au laboratoire IPRAUS ; Richard Scoffier, architecte, enseignant et critique, qui anime depuis 2011 l’université populaire du Pavillon de l’Arsenal.
Le bâtiment principal du Centre Pompidou et sa piazza sont inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, en date du 23 octobre 2026, a annoncé le ministère de la Culture dans un communiqué publié le 28 octobre. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, salue cette décision dans ce texte.
Le Centre Pompidou et sa piazza, à Paris ; photographie d’archive non datée, qui ne montre pas l’état actuel du site. Photo : Nicolas Vigier / Wikimedia Commons, CC0.
Selon le ministère, la décision intervient à l’approche du cinquantenaire du Centre Pompidou, qui sera célébré en 2027, et s’inscrit dans le projet Centre Pompidou 2030, une rénovation que le ministère dit conduite dans le respect de l’identité architecturale et de l’histoire du bâtiment. Le site spécialisé Batiactu, dans un article du 29 octobre, donne lui aussi la date du 23 octobre 2026 pour cette inscription.
Ce qui est protégé
D’après le communiqué, la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture (CRPA) d’Île-de-France s’est prononcée à l’unanimité, lors de sa séance du 16 avril 2026, en faveur d’une protection portant sur deux éléments : l’intégralité de l’enveloppe du bâtiment (clos et couvert), y compris ses structures primaire, secondaire et tertiaire ; et l’espace de la piazza et son sol, à l’exclusion du pavillon Brancusi, reconstruit en 1997.
Le ministère rappelle que le Centre Pompidou était déjà labellisé « architecture contemporaine remarquable ». L’inscription constitue l’un des deux niveaux de protection au titre des monuments historiques, le niveau supérieur étant le classement.
Comment la décision a été préparée
Le ministère indique qu’en octobre 2025, le président du Centre Pompidou a officiellement saisi la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d’Île-de-France d’une demande d’inscription du bâtiment principal. Pour définir le périmètre de protection, le Centre Pompidou, la DRAC et Renzo Piano avec l’agence RPBW ont mené un travail documentaire approfondi, accompagné d’une étude de critique d’authenticité réalisée par les architectes du patrimoine de l’agence Point05. Selon le ministère, le bâtiment a connu plusieurs phases de transformation entre son ouverture en 1977 et le début des années 2020, ce qui a rendu nécessaire une analyse de son histoire matérielle.
Le Centre Pompidou parmi les toits de Paris, vu depuis la tour Montparnasse ; photographie d’archive, 27 mars 2008. Photo : Alf van Beem / Wikimedia Commons, CC0.
Un édifice né d’un concours ouvert et anonyme
Le ministère rappelle que le projet est issu du premier concours international d’architecture ouvert et anonyme organisé en France, présidé par Jean Prouvé. Il a été remporté par Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini, associés au bureau d’ingénierie Ove Arup & Partners ; le bâtiment a été inauguré en 1977. Le communiqué en fait une référence majeure du mouvement high-tech et souligne le lien entre l’architecture et la piazza, conçue comme espace public.
Protéger et rénover
Le ministère décrit le projet Centre Pompidou 2030 comme un programme de « chirurgie architecturale » : désamiantage complet, remplacement de l’ensemble des façades, accessibilité intégrale, avec un objectif annoncé de réduction de 40 % de la consommation énergétique. La vision architecturale et culturelle est portée par Moreau Kusunoki, avec Frida Escobedo Studio comme designer associé ; AIA Life Designers assure le pilotage technique et l’Oppic est maître d’ouvrage délégué. Le ministère présente l’inscription comme un moyen de conjuguer la modernisation nécessaire avec la préservation des qualités architecturales et urbaines du site.
Dans le communiqué, Catherine Pégard voit dans cette inscription « un pan de notre histoire contemporaine qui rejoint le patrimoine commun » des Français, et ajoute que le bâtiment en faisait déjà partie.
Informations pratiques : le Centre Pompidou se trouve place Georges-Pompidou, Paris 4e. Le communiqué du ministère évoque le projet de rénovation Centre Pompidou 2030 ; pour les conditions d’accès et la programmation actuelles, consulter le site officiel de l’établissement.
L’acteur britannique Patrick Stewart est mort mercredi 28 octobre 2026 à son domicile de Los Angeles. Il avait 86 ans. Son décès a été annoncé jeudi 29 octobre dans un communiqué de sa famille et de sa porte-parole, Kelly Bush Novak, publié sur son compte Instagram officiel.
Patrick Stewart en 1999. Photo : Kingkongphoto & celebrity-photos.com, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Selon ce communiqué, il est mort entouré de l’affection de son épouse, Sunny Ozell, « après un voyage bref et poignant avec la maladie d’Alzheimer et la démence à corps de Lewy ». Patrick Stewart n’avait pas rendu publics ces diagnostics avant son décès.
Né Patrick Hewes Stewart à Mirfield, dans le Yorkshire, le 13 juillet 1940, il joue adolescent dans des troupes de théâtre amateur et quitte l’école à 15 ans. Il bâtit pendant des décennies sa réputation sur les scènes shakespeariennes avant de conquérir un public mondial dans le rôle du capitaine Jean-Luc Picard de Star Trek : La Nouvelle Génération et dans celui du professeur Charles Xavier dans les films X-Men. Il a aussi prêté sa voix à des séries d’animation comme Family Guy et American Dad.
Les hommages se sont multipliés dans tous les univers qu’il a habités. Hugh Jackman, qui incarnait Wolverine à ses côtés dans Logan, a écrit qu’il penserait à lui tous les jours de sa vie ; Marvel Studios et la communauté Star Trek lui ont également rendu hommage, et la productrice du Hollywood Walk of Fame a annoncé que des fleurs seraient déposées sur son étoile.
Patrick Stewart laisse son épouse, Sunny Ozell, qu’il avait épousée en 2013 lors d’une cérémonie présidée par son ami proche Ian McKellen, ainsi que sa fille Sophie et son fils, l’acteur Daniel Stewart. Avengers: Doomsday serait son dernier film.
MENART Fair, la foire parisienne consacrée à l’art moderne et contemporain du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et de leurs diasporas, a tenu sa septième édition du 23 au 25 octobre 2026 à la Galerie Joseph, 116 rue de Turenne, dans le 3e arrondissement, avec des avant-premières le 22 octobre. Placée sous le thème Where Is Home? (« Où est chez soi ? »), elle a réuni 34 exposants de 18 pays, selon l’annonce de la foire. Honargardi s’est entretenu sur place avec deux personnes : Tannaz Keshavarzian, directrice de la Galerie Keshavarzian à Paris, au sujet des linogravures de l’artiste Mojdeh Atrak (Iran), et Faour (Liban), dont les œuvres sont présentées par M|S Gallery de Beyrouth.
Tannaz Keshavarzian, directrice de la Galerie Keshavarzian, sur le stand de la galerie, devant des linogravures de Mojdeh Atrak. Image extraite d’une vidéo : Kasra Aliha.
Galerie Keshavarzian : les linogravures de Mojdeh Atrak
La Galerie Keshavarzian présentait Mojdeh Atrak (Iran) dans le secteur Revealing, stand R3. En persan, Tannaz Keshavarzian a expliqué que la linogravure est la technique principale de la présentation : les images ont été gravées dans du linoléum, puis imprimées. Selon elle, l’imagerie naît de l’imagination de l’artiste et a été transférée sur les plaques ; elle décrit l’ensemble comme une collection très personnelle.
Une linogravure en noir et blanc de Mojdeh Atrak sur le stand de la Galerie Keshavarzian. Image extraite d’une vidéo : Kasra Aliha.
La page de la galerie sur le site de la foire mentionne notamment une linogravure sur carton de 2024, issue de la série Be, and it is, et un relief en céramique émaillée modelé à la main de 2025, Dance in Infinity #1.
Autre linogravure de Mojdeh Atrak : porte ornementée, grille et personnages sur un sol en damier. Image extraite d’une vidéo : Kasra Aliha.
Le retour de la couleur
La plupart des œuvres du stand sont en noir et blanc, avec très peu de couleur, a souligné Tannaz Keshavarzian. Un ensemble d’œuvres en couleurs montre, selon elle, que la couleur semble être revenue dans le travail de Mojdeh Atrak.
Une des œuvres en couleurs du stand : un bouquet d’œillets dans un cadre rouge. Image extraite d’une vidéo : Kasra Aliha.Un angle du stand de la Galerie Keshavarzian, avec des œuvres en couleurs posées contre le mur. Image extraite d’une vidéo : Kasra Aliha.
Linogravure et collage comme décor de scène
Une pièce se distingue : une œuvre unique qui associe deux techniques, la linogravure et le collage, que Tannaz Keshavarzian compare à un décor de scène. Plusieurs linogravures sont montées les unes au-dessus des autres, avec des espaces entre elles qui donnent de la profondeur, le tout posé sur du velours noir.
Détail de l’œuvre associant linogravure et collage, montée en couches sur du velours noir. Image extraite d’une vidéo : Kasra Aliha.
M|S Gallery : Faour, le chez-soi comme souvenir
Chez M|S Gallery, dirigée par Michel El Daher et Sirine Ghalayini, Faour (Liban) présente des œuvres sur papier, dont des pièces à l’encre et à l’acrylique, d’après la page de la galerie sur le site de la foire (secteur General, stand F1). En anglais, Faour a relié ce travail à la question de la foire : où est le chez-soi ?
Faour a grandi dans une zone rurale et isolée, ce qui a donné un regard extérieur sur la ville et une sensibilité à la quantité de stimulation qu’elle contient. Après un déménagement à Beyrouth pour étudier l’architecture, la fascination pour ce que les bâtiments peuvent dire d’un lieu n’a cessé de grandir. Avec le temps, la ville est devenue écrasante, et c’est ce que Faour cherche à représenter : la dualité entre la vie dans une ville dense et écrasante et un chez-soi qui, pour Faour, est la nature et les paysages — le calme, la paix d’être loin de tout.
Puis est venue la guerre. « Avec la guerre, je n’avais plus accès à un chez-soi », a dit Faour. La ville a commencé à sembler de plus en plus étouffante, et le chez-soi à ressembler « davantage à un souvenir qu’à un lieu ». Les paysages urbains se sont faits plus denses — Faour les décrit comme des lieux où « on a l’impression que tout est tout près et qu’on est un peu observé » — et, à côté d’eux, sont venus ce que Faour appelle des « paysages oniriques », placés auprès de ces « paysages urbains monstrueux ».
Informations pratiques
Dates : du 23 au 25 octobre 2026 (avant-premières le 22 octobre) Lieu : Galerie Joseph, 116 rue de Turenne, 75003 Paris Thème : Where Is Home? (« Où est chez soi ? ») Fondatrice et directrice : Laure d’Hauteville Galerie Keshavarzian (Paris) : secteur Revealing, R3 — Mojdeh Atrak M|S Gallery (Beyrouth) : secteur General, F1 — Faour Site web : menart-fair.com
Texte et photographies : Kasra Aliha. Tannaz Keshavarzian s’est exprimée en persan et est paraphrasée ici ; les propos de Faour sont cités d’après l’entretien enregistré en anglais et traduits par nos soins. Les informations sur l’événement proviennent du site officiel de la foire.
Le 26 octobre 2026, la salle IV de l’UNESCO, à Paris, a accueilli Artists at Risk: Voices That Cannot Be Silenced (« Artistes en danger : des voix qu’on ne peut réduire au silence »), une rencontre de 90 minutes organisée par la Représentation permanente de l’Irlande auprès de l’OCDE et de l’UNESCO et par l’ambassade d’Irlande. Trois artistes vivant en exil — Kubra Khademi (Afghanistan), Mohammed Al Qudwa (Palestine) et Mayada Adil (Soudan) — se sont entretenus avec la journaliste et animatrice irlandaise Dearbhail McDonald de la censure, du déplacement et de ce dont les artistes ont besoin une fois en sécurité.
Le panel dans la salle IV de l’UNESCO, à Paris, devant la diapositive de présentation. Photo : Kasra Aliha.
Ouverture : investir dans les artistes
Le représentant permanent de l’Irlande auprès de l’UNESCO, l’ambassadeur David Brück, a ouvert la séance en expliquant que l’Irlande voit dans le soutien aux artistes un investissement dans la démocratie, la diversité et la cohésion sociale, et il a cité le dispositif irlandais de revenu de base pour les arts (Basic Income for the Arts). Ailleurs, a-t-il rappelé, des artistes subissent la censure, l’intimidation, le déplacement et la persécution ; lorsqu’on les réduit au silence, ce n’est pas seulement la création qui est visée, mais la liberté d’expression, le débat critique et la diversité des voix dont dépendent les sociétés ouvertes.
Rosario Soraide, qui coordonne le Programme UNESCO-Aschberg pour les artistes et les professionnels de la culture, a rappelé la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste et la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Selon cette intervention, le programme, financé par la Norvège depuis 2017, a soutenu des initiatives dans plus de cinquante pays, notamment des projets récents pour des artistes en Afghanistan, au Liban, en Palestine, au Soudan, en Ukraine et au Yémen, dont un pôle de création à Port-Soudan pour les artistes déplacés. « Les artistes ne devraient jamais avoir à choisir entre leur sécurité et le droit de créer », a affirmé Rosario Soraide.
Allocutions d’ouverture au pupitre de l’UNESCO, salle IV, Paris. Photo : Kasra Aliha.
Modératrice de la séance, Dearbhail McDonald a signalé que le rapport State of Artistic Freedom de Freemuse, publié cette année, désigne les conflits armés et le recul démocratique comme les deux crises jumelles qui frappent les artistes, avec Gaza, le Soudan, l’Ukraine, le Myanmar, le Liban et l’Iran parmi les territoires touchés. Elle a aussi présenté les mesures irlandaises en faveur des artistes : une exonération fiscale sur les revenus des artistes depuis 1969, l’académie Aosdána, soutenue par l’État, depuis 1981, et le revenu de base pour les arts, qui verse 325 euros par semaine pendant trois ans à 2 000 artistes.
Trois œuvres, trois formes de risque
Kubra Khademi, présentée sur la diapositive du panel comme artiste pluridisciplinaire hazara d’Afghanistan, était invitée à relier deux œuvres réalisées à plusieurs années d’intervalle : Armor, sa performance de 2015 dans les rues de Kaboul, et une œuvre plus récente montrée à Paris. Selon les récits publiés, les menaces qui ont suivi Armor l’ont contrainte à quitter l’Afghanistan. Elle a évoqué la colère que son travail avait suscitée, dit avoir accepté d’être secourue, et affirmé qu’une œuvre reste un message compréhensible au-delà de toute frontière. Interrogée sur le risque, elle a répondu qu’elle n’y pense pas lorsqu’elle travaille : « c’est ainsi que fonctionne l’art », a-t-elle dit, selon l’enregistrement.
À propos du présent, Kubra Khademi a affirmé que l’Afghanistan est le seul pays où les femmes sont privées d’école et d’université, et que le silence du monde fait partie de la tragédie. Elle a raconté avoir écrit à de grandes figures féminines du pouvoir des lettres restées sans réponse, avant d’en faire un tableau.
De gauche à droite : Mohammed Al Qudwa, Dearbhail McDonald, Mayada Adil et Kubra Khademi. Photo : Kasra Aliha.
Mayada Adil, médecin soudanaise devenue créatrice de mode et installée à Paris, a projeté un court film réalisé avec Google Arts & Culture sur le blanc, base de ses collections. Elle y voit une couleur de la résilience et de la paix des Soudanais, portée par les femmes qui ont mené la révolution de 2019, et dit l’avoir choisie pour montrer le peuple soudanais autrement que par la guerre qui domine l’actualité depuis avril 2023. Elle a rattaché l’une de ses collections, présentée à Paris à la réception africaine de l’UNESCO en 2018, à des femmes rencontrées dans un camp de réfugiés alors qu’elle exerçait comme médecin, et a déclaré que la mode « l’a menée jusqu’au palais de l’Élysée ».
Le film de Mayada Adil sur la couleur blanche, projeté dans la salle IV. Photo : Kasra Aliha.
Mohammed Al Qudwa, dramaturge et homme de théâtre palestinien, a présenté un extrait d’une création en cours, Root (« Racine »), fondée sur la façon dont les mots arabes remontent à des racines de trois lettres — son prénom, Mohammed, et Ahmed en partagent une — et sur ce qui arrive aux mots lorsqu’ils passent dans d’autres langues. Il a contesté l’expression « artistes en danger » elle-même, la comparant à des formules comme « Moyen-Orient », qui subsistent comme vocabulaire politique. Il a aussi parlé de Marakeb, une plateforme créée avec des artistes de Gaza pour que leur travail soit connu, et dit avoir emporté avec lui de la responsabilité plutôt que de l’espoir. Ses opinions sur la situation politique en Palestine lui appartiennent et sont rapportées ici telles qu’il les a exprimées.
Ce dont les artistes ont besoin
Invitée à dire quelle aide concrète l’assistance pouvait apporter, Kubra Khademi a appelé à une connexion mondiale entre artistes et institutions. Mohammed Al Qudwa a répondu : « Nous avons besoin de temps » — un temps qui suppose des matériaux abordables et la possibilité de créer sans devoir tout sauvegarder dans l’instant. Mayada Adil a cité le soutien psychologique, l’accès aux marchés, une aide pour les visas temporaires, la reconnaissance de l’art comme profession et non comme loisir, ainsi que des politiques inclusives ; l’essentiel, selon elle, est le sentiment d’appartenance.
Questions de la salle
Lors des questions, une membre de la délégation de l’État de Palestine, elle-même artiste originaire de Gaza, a demandé aux intervenants s’ils vivaient avec la culpabilité du survivant. Kubra Khademi a dit se sentir à la fois chanceuse et coupable d’être en vie ; Mohammed Al Qudwa, que l’art est sa thérapie ; Mayada Adil, que le deuil demande du temps et qu’il faut lui accorder tout celui dont il a besoin. Un participant iranien a déclaré que, pour les Iraniens, le temps signifie être en vie ou non, et que laisser les artistes se faire entendre est ce que l’assemblée peut faire de plus précieux. Une auteure irlandaise et une autre artiste ont également pris la parole, cette dernière pour dire combien il est difficile pour les artistes, les femmes surtout, de demander des financements. Dearbhail McDonald a ajouté qu’une étude pilote menée avant le revenu de base pour les arts avait comparé bénéficiaires et non-bénéficiaires et relevé une différence de bien-être et de capacité de création.
En clôture, l’ambassadeur Brück a retenu trois choses : le courage des artistes, la responsabilité de parler au nom d’une communauté et un optimisme teinté de curiosité. « L’espoir est une action », a-t-il dit.
Informations pratiques
Date et heure : 26 octobre 2026, 11 h 00–12 h 30 Lieu : UNESCO, salle IV, Paris Organisateurs : Représentation permanente de l’Irlande auprès de l’OCDE et de l’UNESCO ; ambassade d’Irlande Intervenants : l’ambassadeur David Brück ; Rosario Soraide ; Kubra Khademi ; Mohammed Al Qudwa ; Mayada Adil ; modératrice : Dearbhail McDonald
Texte et photographies : Kasra Aliha et Behnood Massoumi. Les citations proviennent de l’enregistrement de la séance et du programme officiel ; les propos engagent leurs auteurs.
Paris – Le duo d’artistes Brognon Rollin, formé de David Brognon et Stéphanie Rollin, a remporté le Prix Marcel Duchamp 2026. La distinction a été annoncée jeudi 22 octobre au Musée d’Art Moderne de Paris, selon The Art Newspaper France et Le Journal des Arts. Le jury l’a préféré aux trois autres nommés, Joël Andrianomearisoa, Laura Henno et Josèfa Ntjam, pour l’installation conçue pour l’exposition du prix, intitulée « 5 376 années, 1 892 mois, 1 110 jours, 1 201 heures ».
Le prix, qui en est à sa 26e édition, est doté de 90 000 euros, dont 35 000 euros pour l’artiste lauréat, indique le communiqué du Centre Pompidou. Créé en 2000 par l’ADIAF, l’association de collectionneurs pour la diffusion internationale de l’art français, il est organisé en partenariat avec le Centre Pompidou. Pour la deuxième fois, il est accueilli par le Musée d’Art Moderne de Paris, en raison des travaux du bâtiment du Centre Pompidou ; selon le communiqué, les expositions y resteront jusqu’en 2029.
L’œuvre primée
Selon The Art Newspaper France, le duo a conçu, dans une salle obscure, des « sculptures temporelles » : des machines pousse-pièces de fête foraine qui se mettent régulièrement en mouvement pour présenter une collection de jetons de sobriété. Ces jetons, précise le journal, sont distribués à travers le monde dans des groupes d’alcooliques, de joueurs, de cocaïnomanes et de dépendants affectifs et sexuels anonymes, et attestent chacun d’une période d’abstinence.
Le Journal des Arts ajoute que les jetons sont collectés depuis 2022 et représentent au total plus de 5 000 années d’abstinence, et que trois appliques lumineuses connectées de l’installation réagissent aux indications transmises par une personne abstinente depuis huit ans. Le journal décrit une œuvre qui confronte la durée de l’abstinence à la possibilité permanente de la rechute. Ces précisions proviennent de ce seul média.
The Art Newspaper France cite la galerie du duo, mfc-michèle didier, selon laquelle Brognon et Rollin « manipulent un matériau sociétal brut, souvent marginal, dont les motifs récurrents sont l’enfermement, l’attente et le contrôle ». Leur première exposition monographique en institution a eu lieu au MAC VAL, à Vitry-sur-Seine, en 2020, rapportent les deux médias.
Le jury et les réactions
Le jury était présidé par Xavier Rey, directeur du Musée national d’art moderne – Centre Pompidou. Selon The Art Newspaper France, il comptait aussi Claude Bonnin (collectionneur, président de l’ADIAF), Akemi Shiraha (Association Marcel Duchamp), Fabrice Hergott (directeur du Musée d’Art Moderne de Paris), le collectionneur Fernando Arriola, les artistes Kader Attia et Berlinde De Bruyckere, Karin Hindsbo (directrice de la Tate Modern), Christophe Leribault (président-directeur du Louvre) et la collectionneuse Marie-Cécile Zinsou.
Dans des déclarations reproduites par The Art Newspaper France, Claude Bonnin, président de l’ADIAF, félicite Brognon Rollin pour « une grande exigence conceptuelle » et annonce que les quatre nommés seront accompagnés « notamment à travers des expositions à l’étranger ainsi que des résidences à la Villa Albertine et à la Manufacture de Sèvres ». Fabrice Hergott, directeur du Musée d’Art Moderne de Paris, salue un travail qui s’attache « à matérialiser ce qui échappe habituellement au regard : le temps de l’attente, de l’addiction et de la résistance intime ». Xavier Rey évoque, pour sa part, un travail « capable de révéler une part d’intimité qui parle à tous ».
Le même média précise que la cérémonie s’est tenue pendant la semaine de l’art à Paris, qu’il dit perturbée par un mouvement social ayant contraint Art Basel Paris à fermer prématurément avant le week-end.
Informations pratiques
Exposition des quatre nommés : Musée d’Art Moderne de Paris, du 2 octobre 2026 au 7 février 2027, accès libre, commissariat d’Odile Burluraux (Musée d’Art Moderne de Paris) et de Nicolas Liucci-Goutnikov (Centre Pompidou), d’après la page presse du Centre Pompidou.
Mise à jour, 23 octobre 2026 : Art Basel Paris ferme plus tôt que prévu. Selon The Art Newspaper, Artsy et Ocula, la foire ferme aujourd’hui, vendredi 23 octobre, à 19 h et ne rouvrira pas le samedi 24 ni le dimanche 25 octobre. Les raisons avancées sont la sécurité des visiteurs, des exposants, des équipes et des œuvres, à la veille de manifestations attendues à Paris, après des mobilisations dans toute la France sur l’état des écoles et le coût de la vie. Par ailleurs, le Grand Palais indique sur son site que le Grand Palais et ses expositions sont fermés toute la journée du samedi 24 octobre en raison des manifestations prévues à Paris.
Art Basel Paris se tient au Grand Palais pour sa cinquième édition, la première sous la direction de Karim Crippa. Elle devait durer jusqu’au dimanche 25 octobre 2026 et ferme finalement le 23 octobre (voir la mise à jour ci-dessus). Selon le Grand Palais, la foire réunit 211 exposants issus de 41 pays et territoires.
Art Basel Paris 2026. Image de presse : Art Basel. Courtesy of Art Basel
Les nouveautés
D’après le Grand Palais, près de trente galeries participent pour la première fois, et le secteur Emergence compte 16 présentations solo. Dans un entretien publié par Art Basel le 21 septembre 2026, Karim Crippa indique que Premise accueillera cette année 12 stands, contre neuf l’an dernier. Il dit du secteur : « Premise reflects a desire to broaden the margins of the art historical canon » (citation en anglais dans l’entretien).
Art Basel précise qu’il était auparavant directeur de la communication de la foire. C’est la première édition qu’il dirige.
Art Basel Paris 2026. Image de presse : Art Basel. Courtesy of Art Basel
Autour de la foire
Selon le guide officiel d’Art Basel, Oh La La !, le réaccrochage de deux jours des stands, a lieu les 23 et 24 octobre, sous la direction artistique de l’actrice française Philippine Leroy-Beaulieu, sur le thème « Myths & Legends ». Onze conférences publiques se tiennent du 22 au 24 octobre, pour la première fois dans l’auditorium du Grand Palais, gratuites sur réservation. Le programme public s’étend sur neuf lieux de la ville, dont « Geste de Consolation » d’Alice Diop au Palais d’Iéna et trois bronzes de Tracey Emin sur le parvis des droits de l’Homme. Le guide ajoute que l’avenue Winston Churchill sera piétonnisée pendant la foire. Ces dates proviennent du guide publié avant la fermeture anticipée ; dans les sources consultées, Art Basel n’avait pas précisé quels événements prévus le 24 octobre auront encore lieu.
Art Basel Paris 2026. Image de presse : Art Basel. Courtesy of Art Basel
Informations pratiques
Grand Palais, 7 avenue Winston Churchill, 75008 Paris. Initialement du 23 au 25 octobre 2026, de 11 h à 19 h (Grand Palais) ; mise à jour : la foire ferme le vendredi 23 octobre à 19 h et reste fermée le samedi 24 et le dimanche 25 octobre. Avant-premières les 21 et 22 octobre et vernissage public le soir du 22 octobre, selon MCH Group, maison mère d’Art Basel.
Note de la rédaction : le nombre d’exposants varie selon les sources : 206 dans l’annonce de mai (ARTnews, Artlyst) et 211 dans les sources officielles plus récentes (Grand Palais, Art Basel, septembre). Cet article retient le chiffre officiel le plus récent. Les dates des avant-premières diffèrent aussi : l’annonce de MCH Group indiquait les 21 et 22 octobre, tandis que The Art Newspaper et Artnet rapportent que l’Avant-Première a ouvert le mardi 20 octobre.
La 17e édition du CYFEST, festival international d’art médiatique, a ouvert ses portes le 15 octobre 2026 au Cafesjian Center for the Arts, à Erevan, avec l’exposition Natura Naturans : Human Beings, Nature, Landscape (« Natura Naturans : les êtres humains, la nature, le paysage »), présentée à la galerie Sasuntsi Davit du Centre. Réunissant des œuvres de plus de 35 artistes internationaux, l’exposition explore la relation entre la perception humaine, les phénomènes naturels et les systèmes technologiques.
Formes géométriques colorées sur des pieds en acier, Erevan. Photo : Michel Allahverdian.
Qui est derrière l’événement
CYFEST 17 est organisé par le Cafesjian Center for the Arts et le CYLAND Media Art Lab (l’annonce officielle de cette édition cite la CYLAND Foundation comme organisatrice), avec la Frants Foundation comme sponsor général. Selon la présentation officielle, l’exposition réunit des œuvres de plus de 35 artistes internationaux et dialogue avec l’héritage de l’« École organique » et ses expériences sur la couleur, la lumière, l’espace et le mouvement. Une partie du parcours s’étend à l’architecture et aux abords de la Cascade d’Erevan.
Beyond Perception : explorer le monde invisible
L’exposition établit des liens entre l’art médiatique contemporain et l’héritage de l’École organique, notamment ses expérimentations sur la couleur, la lumière, l’espace, le mouvement et la perception élargie. À travers des pratiques artistiques variées, Natura Naturans examine la manière dont des forces visibles et imperceptibles façonnent notre compréhension du monde. La lumière du soleil, les champs magnétiques, la matière géologique, les formes biologiques, le rayonnement cosmique et les signaux électromagnétiques deviennent autant de points de départ pour étudier l’interaction entre la technologie, l’environnement matériel et les limites de la perception humaine.
Le cadre de l’exposition, au Cafesjian Center for the Arts, instaure un dialogue entre les œuvres et l’architecture de la Cascade. Le jeu du complexe entre espaces intérieurs et extérieurs, la circulation verticale, les points de vue changeants et la lumière naturelle font écho aux préoccupations centrales de l’exposition. Dans ce contexte, la Cascade n’est pas seulement un décor architectural : elle fait partie intégrante de l’expérience de l’exposition.
Vue des salles : objets sur des socles et film projeté au mur. Photo : Michel Allahverdian.
Live in the Moment : quand le mouvement devient art
Le programme public du festival réunit performances en direct, son expérimental et images en mouvement, avec des rencontres entre danseurs, musiciens et un robot humanoïde, qui explorent l’évolution des liens entre le corps humain, la technologie et l’espace.
En parallèle de l’exposition, un programme public de performances, de discussions, de présentations sonores et d’images en mouvement prolonge ces questionnements dans d’autres formes artistiques. La soirée d’ouverture a proposé une série de performances dans tout le Cafesjian Center for the Arts, marquant le lancement de CYFEST 17 et de son exploration des intersections entre l’art, la nature et la technologie.
Selon le programme publié par CYLAND, la soirée d’ouverture du 15 octobre comprenait des performances de Jaanika Peerna, de φø, et d’Andrey Smirnov et Dafin Antoniadou. Alexandra Dementieva et Andy Barrt y présentaient une œuvre avec un robot humanoïde Unitree G1 EDU, développée avec Engineering City, et Francesco Cavaliere et Nicola Ratti donnaient des performances sonores. Le projet de mapping Looking at You de Marina Alexeeva est projeté sur la façade de la Cascade.
Détail d’une sculpture couverte d’yeux stylisés. Photo : Michel Allahverdian.
Le programme d’actions éducatives comprend une conférence de Lev Manovich sur l’IA comme médium artistique visuel et une conférence de la commissaire Barbara London, What Works?. Un programme d’art sonore et de performance se poursuit pendant les trois mois de l’exposition.
Informations pratiques
Dates : du 15 octobre 2026 au 17 janvier 2027. Lieu : Cafesjian Center for the Arts, 10 rue Tamanyan, Erevan 0009, Arménie.
Sources : programme officiel de la CYLAND Foundation (cyland.org) ; site du Cafesjian Center for the Arts (cmf.am) ; notes de Michel Allahverdian. Reportage et photographies : Michel Allahverdian, pour Honargardi, octobre 2026.