Catégorie : Expositions et événements

Expositions, festivals et rendez-vous de la scène artistique.

  • « Rembrandt et les Anciens » : le Met et le Louvre préparent une grande exposition pour 2027-2028

    « Rembrandt et les Anciens » : le Met et le Louvre préparent une grande exposition pour 2027-2028

    Le 15 octobre 2026, le Metropolitan Museum of Art de New York a annoncé « Rembrandt and the Ancients » (« Rembrandt et les Anciens »), une exposition qu’il organise avec le musée du Louvre. Elle sera présentée au Met du 7 novembre 2027 au 6 février 2028, puis au Louvre du 22 mars au 3 juillet 2028. Le Met la présente comme sa première grande exposition consacrée à Rembrandt van Rijn (1606-1669) depuis plus de vingt ans. L’échéance est lointaine, mais le projet mérite d’être regardé dès maintenant : il propose d’aborder Rembrandt par un biais rarement exploré.

    Un pan méconnu de l’œuvre

    Le fil conducteur est le rapport de Rembrandt à l’histoire, à l’art et à la littérature de la Grèce, de Rome et du monde méditerranéen au sens large, de ses premiers grands tableaux d’histoire jusqu’aux portraits tardifs de héros et d’héroïnes. Le Met y voit un aspect sous-estimé mais essentiel de sa carrière.

    Le communiqué replace cet intérêt dans le contexte de la République néerlandaise du XVIIe siècle : Amsterdam abritait des collections d’art antique et un théâtre consacré en partie à des drames antiques, et de nombreux textes de l’Antiquité y paraissaient en traduction néerlandaise. Dans le même temps, l’ouverture au monde de la République, comme les évolutions de la science et de la philosophie, éclairaient mais aussi mettaient à l’épreuve la sagesse que l’on prêtait de longue date aux Anciens. C’est dans cet environnement que Rembrandt aurait élaboré une lecture résolument moderne de l’Antiquité, mobilisant ses thèmes et ses motifs pour parler de son propre temps.

    Tableau de Rembrandt : un homme barbu en robe sombre pose la main sur le buste d’un autre homme
    Rembrandt van Rijn, Aristote contemplant le buste d’Homère (Aristotle with a Bust of Homer), 1653. Huile sur toile, 143,5 × 136,5 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York, Purchase, special contributions and funds given or bequeathed by friends of the Museum, 1961 (61.198). Image : The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0).

    Ce que l’on verra

    L’exposition réunira plus de 125 œuvres, dont environ 70 de Rembrandt (peintures, gravures et dessins), plusieurs montrées aux États-Unis pour la première fois, ainsi que des objets antiques et de la Renaissance qui lui ont servi de points de référence. Parmi les œuvres de la collection du Met figure Aristote contemplant le buste d’Homère (1653).

    Les prêts annoncés sont de premier plan : L’Enlèvement de Ganymède (Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde) ; Femme se baignant dans un ruisseau (National Gallery, Londres) et Bethsabée tenant la lettre du roi David (musée du Louvre), toutes deux présentées aux États-Unis pour la première fois ; et, pour la première fois de son histoire aux États-Unis, le monumental Oath of the Batavians (« Le Serment des Bataves » ; Konstakademien, Académie royale des beaux-arts de Suède, Stockholm). Le tableau du Louvre sera accompagné du relief romain antique (Palazzo Altemps, Rome) et d’œuvres graphiques apparentées dont il s’inspire.

    Les dessins ne sont pas en reste : les trois croquis de bustes romains de Rembrandt (Albertina, Vienne ; Bibliothèque royale de Turin ; Kupferstichkabinett, Berlin), Diane et Actéon (Kupferstich-Kabinett, Dresde) et L’Idolâtrie de Salomon à la sanguine (Louvre).

    Tableau de Rembrandt représentant Bellone, déesse romaine de la guerre, casquée et munie d’un bouclier
    Rembrandt van Rijn, Bellone (Bellona), 1633. Huile sur toile, 127 × 97,5 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York, The Friedsam Collection, Bequest of Michael Friedsam, 1931 (32.100.23). Image : The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0).

    Nota bene : Bellone (1633) et Flore (vers 1654), reproduites ici, appartiennent aussi à la collection du Met et ont pour sujet des divinités romaines. Le communiqué ne les cite pas parmi les œuvres annoncées ; elles servent seulement à donner une idée du registre.

    Tableau de Rembrandt représentant Flore, déesse romaine des fleurs et du printemps, couronnée de fleurs
    Rembrandt van Rijn, Flore (Flora), vers 1654. Huile sur toile, 100 × 91,8 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York, Gift of Archer M. Huntington, in memory of his father, Collis Potter Huntington, 1926 (26.101.10). Image : The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0).

    Un projet franco-américain

    L’exposition est organisée par le Met et le Louvre. Ses commissaires sont Joanna Sheers Seidenstein, conservatrice associée au département des dessins et estampes du Met, et Blaise Ducos, conservateur chargé de la peinture flamande et hollandaise du Louvre. Un catalogue richement illustré, avec des contributions des commissaires et d’autres spécialistes, accompagnera l’exposition ; les programmes éducatifs et publics seront annoncés ultérieurement.

    Pour le public parisien, l’étape du Louvre en 2028 sera le rendez-vous. Le communiqué n’en détaille pas encore le contenu : rien n’indique, à ce stade, que le parcours parisien reprendra à l’identique la sélection new-yorkaise.

    Ce que l’on retient

    Le mérite du projet tient à son angle. Rembrandt est souvent associé à la tradition, au « vieux maître » par excellence ; le Met et le Louvre entendent montrer au contraire à quel point son usage de l’Antiquité fut libre et inventif, et les œuvres antiques et graphiques placées à côté des tableaux permettront de juger sur pièces. Il faudra attendre les programmes et la liste définitive des œuvres pour en mesurer l’ampleur ; à ce stade, il s’agit d’une annonce.

    Rembrandt and the Ancients — The Met Fifth Avenue, Tisch Galleries, salle 899, 2e étage, New York, du 7 novembre 2027 au 6 février 2028 ; puis musée du Louvre, Paris, du 22 mars au 3 juillet 2028.
    Sources : communiqué du Met (15 octobre 2026) ; salle de presse du Met.

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

  • Voyage en cuisine iranienne : une conférence dégustation au festival Et maintenant ? d’ARTE

    Voyage en cuisine iranienne : une conférence dégustation au festival Et maintenant ? d’ARTE

    Le 17 octobre, dernier jour du festival Et maintenant ? d’ARTE à la Gaîté Lyrique, à Paris, le géographe de l’alimentation Pierre Raffard a donné une « conférence cuisinée » sur la cuisine iranienne. La séance, Voyage en cuisine iranienne, empruntait son titre à la série d’ARTE Voyage en cuisine, que présente Raffard, et s’appuyait sur des plats du restaurant parisien Namak.

    Le programme

    La sixième édition du Festival des idées de demain s’est tenue les 16 et 17 octobre 2026 à la Gaîté Lyrique (3bis rue Papin, 75003 Paris). L’entrée était gratuite, mais certaines séances exigeaient un billet réservé, qui ne garantissait pas une place. Celle-ci avait lieu de 14 h à 15 h dans la salle Audito et était présentée comme une « conférence immersive » : réservation obligatoire, entrée dans la limite des places disponibles.

    La description officielle présente la cuisine iranienne comme façonnée par les échanges, les migrations et les bouleversements du monde. Derrière le citron noir, l’eau de rose, le safran ou la pistache se cachent, dit-elle, des siècles de voyages, de commerce et d’influences. Pierre Raffard y est présenté comme géographe de l’alimentation, enseignant et présentateur de Voyage en cuisine.

    Dans la salle

    Pierre Raffard a commencé par présenter les deux cofondateurs de Namak, puis l’Iran et la cuisine iranienne plus largement. Le public a reçu un plateau de quatre petits pots numérotés de 1 à 4 à goûter : du yaourt, du fromage, du ghormeh sabzi et du sholeh zaard.

    Un plateau de quatre petits pots dont les couvercles sont numérotés à la main de 1 à 4, avec une cuillère en bois et une serviette, posé sur des genoux
    Le plateau de dégustation : quatre pots numérotés.

    Les diapositives détaillaient la composition des deux plats cuisinés. Le ghormeh sabzi, présenté comme « plat national iranien », était indiqué avec un mélange d’herbes (fenugrec, persil, ciboulette, coriandre), de l’oignon, des haricots rouges, du citron noir, du curcuma et de la cannelle, ainsi que des champignons de Paris au cumin, et se servait avec du pain lavash. Le sholeh zaard, un dessert de riz au safran, comportait du riz, du sucre, du safran, de l’eau de rose, de la cannelle, de l’amande et du beurre. Les allergènes étaient signalés sur les deux.

    Deux intervenants et Pierre Raffard sur scène sous une diapositive détaillant les ingrédients du ghormeh sabzi, présenté comme plat national iranien
    Le ghormeh sabzi à l’écran.
    Diapositive détaillant les ingrédients du sholeh zaard : riz, sucre, safran, eau de rose, cannelle, amande et beurre
    Le sholeh zaard à l’écran.

    Pierre Raffard a ensuite passé en revue les saveurs qui composent ces plats, parmi lesquelles la pistache, le safran, le citron d’Oman séché et l’eau de rose, et leur provenance.

    Diapositive montrant un gros plan de citrons noirs séchés
    Des citrons noirs séchés, à l’écran.

    Après la séance

    Honargardi a ensuite pu s’entretenir avec les deux cofondateurs de Namak, d’abord Rod Pourcyrus, puis Arthur Comte, sur l’adaptation de la cuisine persane à Paris. Lisez l’entretien : Les fondateurs de Namak : cuisiner persan pour Paris.

    Ce qui nous a le plus marqués : l’attention que Namak porte à l’esprit des saveurs iraniennes, et l’audace de ses jeunes fondateurs, qui les mettent au goût du jour tout en gardant cet esprit.

    Namak se trouve au 18 rue Saint-Lazare, 75009 Paris.

    Sources : le programme du festival Et maintenant ? (etmaintenant-lefestival.fr) ; le site de Namak. Texte et photographies : Kasra Aliha pour Honargardi, octobre 2026.

  • Video Games & Music à la Philharmonie de Paris : la musique dont vous êtes le héros

    Video Games & Music à la Philharmonie de Paris : la musique dont vous êtes le héros

    Jusqu’au 1er novembre, la Philharmonie de Paris consacre une exposition à un sujet qui en a rarement : la musique des jeux vidéo. Video Games & Music, sous-titrée La musique dont vous êtes le héros, suit cette musique depuis ses premiers bips électroniques jusqu’aux œuvres symphoniques et expérimentales.

    L’exposition est conçue par Fanny Rebillard, musicologue, et Jean Zeid, journaliste spécialisé dans le jeu vidéo. La scénographie est signée La Sagna & Racine.

    Un parcours que l’on choisit

    Selon la Philharmonie, l’agencement s’inspire d’un jeu en monde ouvert. Les visiteurs choisissent leur propre chemin parmi des modules interactifs, des jeux jouables, des consoles, des instruments, des photographies, des œuvres d’art et des contenus audiovisuels. Une partie du parcours est un tunnel courbe revêtu de métal, éclairé par des projecteurs colorés qui jettent des taches de lumière rouge, verte, jaune et bleue sur le sol ; des bornes d’arcade s’alignent d’un côté, des œuvres encadrées et des postes d’écoute au casque de l’autre.

    Un tunnel courbe en métal dans l’exposition, éclairé par des projecteurs colorés, avec des bornes d’arcade à gauche et des œuvres encadrées à droite
    Dans l’exposition. Photo : Kasra Aliha

    Ailleurs, des mannequins en costumes de scène se tiennent parmi des manettes en forme de guitare et des tambours, devant un horizon de ville nocturne.

    Deux mannequins en costumes de scène parmi des manettes en forme de guitare et des tambours, devant un horizon de ville nocturne
    Costumes de scène et manettes dans l’exposition. Photo : Kasra Aliha

    Des premiers bips aux symphonies

    L’histoire racontée par l’exposition commence dans les laboratoires de recherche des années 1960 et dans les salles d’arcade des années 1970. Les limites techniques ont façonné les premiers sons : l’audio électronique minimal de Pong (1972) en est le point de départ habituel, et les technologies plus récentes ont ensuite permis des partitions plus riches. Contrairement à une musique de film, la musique de jeu peut réagir en temps réel aux actions du joueur. Just Dance, qui utilise des capteurs de mouvement, fait partie des exemples donnés.

    À côté de l’une des projections, un cartel explique que le morceau « The High Seas » est découpé en plusieurs parties, jouées en boucles.

    Une projection d’un voilier dans la brume, avec un cartel en français expliquant que le morceau The High Seas est découpé en plusieurs parties jouées en boucles
    Une projection et son cartel dans l’exposition. Photo : Kasra Aliha

    Parmi les jeux cités sur la page de la Philharmonie figurent Super Mario Bros, Streets of Rage, Just Dance et Electroplankton. La presse mentionne aussi les compositeurs Kōji Kondō (Super Mario, The Legend of Zelda) et Nobuo Uematsu (Final Fantasy), ainsi que la demoscene et la chiptune, cette musique construite à partir des sons des premières consoles et des premiers ordinateurs.

    Des artistes au-delà de l’écran

    L’exposition ne parle pas que de jeux. La Philharmonie annonce des œuvres de culture pop d’Invader et d’eBoy, ainsi que de grands « biomes » mobiles projetés sur les murs, créés par l’artiste Mounir Ayache. La presse cite également Jean-Michel Jarre, Radiohead et le Wu-Tang Clan parmi les musiciens qui puisent dans les sons du jeu vidéo.

    Informations pratiques

    L’exposition se tient à la Philharmonie de Paris, 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris (métro ligne 5, Porte de Pantin, ou tramway T3b), du 2 avril au 1er novembre 2026. Les horaires varient selon les périodes : consultez le site de la Philharmonie avant de venir. Le catalogue de l’exposition coûte 39,90 €. La Philharmonie signale que certains effets lumineux peuvent gêner les personnes sensibles à la photosensibilité ou à l’épilepsie, et que certains jeux jouables ne sont pas compatibles avec des manettes alternatives ou des réglages d’accessibilité adaptés.

    Sources : la page de programmation de la Philharmonie de Paris ; articles de Numéro, du CNC et de Sortiraparis. Photographies de Kasra Aliha pour Honargardi, octobre 2026.

  • Les années 90 à la Tate Britain : Edward Enninful relit la décennie qui a refaçonné la culture britannique

    Les années 90 à la Tate Britain : Edward Enninful relit la décennie qui a refaçonné la culture britannique

    Peu de décennies se prêtent autant au mythe que les années 1990 britanniques. « Cool Britannia », les Young British Artists, la culture rave, Kate Moss ou Alexander McQueen se sont depuis longtemps figés en images familières. Ouverte le 8 octobre 2026 à la Tate Britain, The 90s: Art and Fashion s’assigne une tâche plus exigeante que la nostalgie : regarder cette décennie comme le moment où les frontières entre musée, magazine, club et podium se sont réellement effacées. La Tate la présente comme la première exposition consacrée conjointement à l’art, à la photographie et à la mode des années 1990.

    Une décennie vue par un rédacteur de mode

    Le choix décisif tient au commissaire. Plutôt que de confier le récit à ses seuls historiens de l’art, la Tate a invité Edward Enninful OBE, ancien rédacteur en chef du Vogue britannique, à le conduire, aux côtés de l’équipe d’art britannique contemporain de la Tate Britain (Jessica Vaughan, Helen Little, Dominique Heyse-Moore et Celeste McEvoy) et du directeur de l’institution, Alex Farquharson. Selon la Tate, l’exposition puise directement dans l’expérience vécue d’Enninful durant cette décennie. Elle rassemble plus de 100 photographies, peintures, sculptures et vêtements de près de 70 artistes, photographes et créateurs, où l’image de mode n’illustre plus une époque : elle fait œuvre.

    Le déplacement n’est pas anodin pour une collection nationale d’art britannique. Les photographes Corinne Day, Nigel Shafran et Juergen Teller, dont les images pour i-D et Dazed and Confused ont fixé l’esthétique brute de l’« anti-mode » grunge, dialoguent ici avec Tracey Emin, Sarah Lucas, Jenny Saville et Gillian Wearing. Leur dénominateur commun, selon l’exposition : un goût de l’imperfection, du réel et du « fait maison », né au sortir de la morosité économique des années 1980.

    De la piste de danse à la cuve de formol

    Le parcours oscille entre deux pôles. D’un côté, la rue et le club : le film de Mark Leckey Fiorucci Made Me Hardcore (1999), l’acid house photographiée par Dave Swindells, Peter J Walsh et Tony Davis, les scènes jungle, hip-hop et drum and bass suivies par Normski, Eddie Otchere et Ewen Spencer, les soirées queer saisies par Poulomi Desai, Stuart Linden Rhodes et Jon Shard. De l’autre, le versant froid et conceptuel de la décennie : l’attrait gothique pour la décomposition chez Helen Chadwick, Jake et Dinos Chapman ou Cathy de Monchaux ; la réponse de Hamad Butt à la crise du sida ; les formes épurées de Rachel Whiteread, Gary Hume et Cerith Wyn Evans ; enfin les sculptures au formol de Damien Hirst, que la Tate qualifie d’« antithèse du grunge low-fi ».

    Entre les deux se tiennent les créateurs qui ont le plus spectaculairement brouillé la frontière entre art et mode : les défilés théâtraux, parfois cauchemardesques, d’Alexander McQueen et les vêtements de Hussein Chalayan inspirés d’objets du quotidien, aux côtés des images plus dépouillées de Nick Knight, David Sims et Craig McDean, et de Concorde Grid (1997) de Wolfgang Tillmans, entre optimisme et inquiétude à l’approche du millénaire.

    L’envers de Cool Britannia

    Le geste le plus important de l’exposition est de compliquer la version « marque nationale » de la décennie. Elle fait place aux artistes qui ont désigné les exclus du récit de Cool Britannia : Bear (1993), premier film majeur de Steve McQueen ; No Woman, No Cry (1998), la peinture de Chris Ofili récompensée par le Turner Prize, hommage à Doreen et Stephen Lawrence ; la vidéo de Keith Piper sur le sport et l’identité nationale. La mode noire britannique est mise en avant avec les costumes d’Ozwald Boateng, des images de défilés de Joe Casely-Hayford, les photographies de Koto Bolofo et la collaboration de Jason Evans et Simon Foxton autour du style de rue. La dernière salle revient à Yinka Shonibare, Maud Sulter, Vivienne Westwood et John Galliano, qui ont puisé dans l’histoire pour interroger la classe, la représentation et la mythologie nationale.

    La lecture de Honargardi : une réévaluation, sous réserve

    La force du projet tient à sa prémisse : une photographie de mode de Corinne Day et une sculpture de Rachel Whiteread appartiennent au même écosystème culturel. Son risque aussi. L’exposition est soutenue par la maison McQueen, son partenaire médias est Dazed, et son commissaire compte parmi les rédacteurs les plus influents de la mode. Rien de cela n’invalide le propos, mais le visiteur regarde la décennie en partie à travers les institutions qui en ont fabriqué l’image. Réévaluation véritable des années 1990, comme le souhaite la Tate, ou célébration soignée d’un style dont l’industrie de la mode tire encore profit ? C’est la question à garder en tête de salle en salle. Le choix de placer au centre des artistes écartés du récit officiel montre que les commissaires ne l’ignorent pas.

    Informations pratiques

    The 90s: Art and Fashion, Tate Britain, Millbank, Londres SW1P 4RG. Du 8 octobre 2026 au 14 février 2027, tous les jours de 10 h à 18 h. Billet 22 £ (tarif réduit 20 £ ; 5 £ pour les 16-25 ans membres de Tate Collective ; gratuit pour les membres de la Tate). La Tate signale un langage cru, des références à la drogue, une représentation graphique d’une mort violente et une salle avec lumières clignotantes.

    Sources

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

  • « Sculpter la couleur » au Louvre : la sculpture espagnole du Siècle d’or face à Zurbarán

    « Sculpter la couleur » au Louvre : la sculpture espagnole du Siècle d’or face à Zurbarán

    Depuis le 7 octobre 2026, le visiteur venu découvrir la rétrospective Zurbarán dans le Hall Napoléon du Louvre trouve, dans le même espace, une seconde exposition. Sculpter la couleur. Chefs-d’œuvre du Musée national de sculpture, Valladolid, visible jusqu’au 25 janvier 2027, réunit vingt-trois sculptures, toutes prêtées par le Museo Nacional de Escultura dans le cadre d’un partenariat que le Louvre qualifie d’exclusif. Selon l’espace presse du musée, c’est la première fois que la sculpture espagnole du XVIIe siècle est ainsi présentée en France.

    On aurait tort d’y voir un simple complément à la peinture. Les deux expositions ont été pensées ensemble, avec une scénographie commune signée Nathalie Crinière et un billet unique, et leur voisinage porte une thèse : la peinture espagnole du Siècle d’or ne se comprend pleinement qu’à la lumière des images sculptées et peintes qui peuplaient les églises, les couvents et les rues où elle est née.

    Une procession à hauteur d’homme

    La première salle accueille le prêt le plus ambitieux : un paso complet, le Camino del Calvario de Gregorio Fernández, grand sculpteur actif à Valladolid au début du XVIIe siècle, lorsque la ville était la capitale du royaume. L’ensemble compte cinq figures grandeur nature, sculptées et peintes. Conçus pour être portés dans les rues pendant la Semaine sainte, vus d’en bas et en mouvement, ces groupes sont ici présentés à hauteur d’homme, afin, expliquent les commissaires, de permettre l’observation la plus directe possible.

    Le parti pris est fécond. Arrachées au cortège, les figures perdent la théâtralité de la rue mais gagnent en lisibilité : on scrute la taille d’un visage, les carnations, le drapé d’un vêtement, comme on regarderait un tableau. Ce passage du spectacle dévotionnel à l’objet de musée est, au fond, le véritable sujet de l’exposition.

    Gregorio Fernández, Cristo de la Luz, Christ en croix grandeur réelle, bois polychromé
    Gregorio Fernández, Cristo de la Luz, Christ en croix grandeur réelle, bois polychromé. Museo Nacional de Escultura, Valladolid. © Museo Nacional de Escultura, Valladolid. Image presse : musée du Louvre.

    Reliques, statues habillées et dévotion privée

    Le parcours se déploie ensuite selon plusieurs axes : le culte des reliques et le rôle des saints intercesseurs, les statues habillées, la représentation des souffrances du Christ et de la Vierge, la dévotion privée et l’Immaculée Conception. Parmi les prêts majeurs, jamais vus en France selon le Louvre, figurent le Cristo de la Luz de Fernández, Christ en croix grandeur réelle, et le Saint Jean Baptiste d’Alonso Cano. Ce dernier est un cas d’école : plus connu comme peintre, il peignait lui-même ses sculptures, incarnant à lui seul la proximité des deux arts que l’exposition entend démontrer.

    Autour de Fernández et de Cano, on croise Juan de Mesa, José de Mora, Pedro de Mena, Jerónimo Francisco et Miguel Jerónimo García, José de Arce, Pedro Roldán et sa fille Luisa Roldán, que le communiqué distingue comme l’une des rares femmes de son temps à avoir mené une carrière éblouissante jusqu’à la cour royale. Deux œuvres, La Vierge et l’Enfant avec saint Jean Baptiste de Luisa Roldán et L’Immaculée Conception de Pedro de Mena, datée de 1680, sont des acquisitions récentes du musée de Valladolid, présentées après des restaurations que le Louvre qualifie de spectaculaires.

    Alonso Cano, Saint Jean Baptiste, bois polychromé
    Alonso Cano, Saint Jean Baptiste, bois polychromé. Museo Nacional de Escultura, Valladolid. © Museo Nacional de Escultura, Valladolid. Image presse : musée du Louvre.

    Pourquoi ce dialogue compte

    Un tableau sert de charnière entre les deux expositions : la Sainte Face de Zurbarán, elle aussi prêtée par Valladolid, en constitue l’introduction commune. L’empreinte miraculeuse du visage du Christ sur le linge de Véronique y résume le défi partagé par peintres et sculpteurs de l’Espagne du XVIIe siècle : figurer, avec le plus d’exactitude et de naturalisme possible, l’irruption du sacré dans la réalité quotidienne.

    Sous cet angle, l’immobilité des moines et des saints de Zurbarán, modelés avec netteté sur des fonds sombres, apparaît comme la réponse d’un peintre à ce que les sculpteurs obtenaient en trois dimensions, et inversement. Pour un public français dont l’image de l’art espagnol de cette époque s’est surtout forgée devant des toiles, c’est la leçon la plus précieuse de l’exposition : la sculpture polychrome n’y est pas montrée comme un art de dévotion populaire, mais comme un art de premier plan.

    Resserrée, avec une durée de visite moyenne d’environ 45 minutes selon le musée, l’exposition gagne à cette sobriété : plutôt que de survoler tout un domaine, elle confie sa démonstration à quelques objets d’exception.

    Pedro de Mena, Ecce Homo, bois polychromé
    Pedro de Mena, Ecce Homo, bois polychromé. Museo Nacional de Escultura, Valladolid. © Museo Nacional de Escultura, Valladolid. Image presse : musée du Louvre.

    Informations pratiques

    Sculpter la couleur. Chefs-d’œuvre du Musée national de sculpture, Valladolid. Musée du Louvre, Hall Napoléon, Paris. Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027. Commissariat : Valérie Carpentier-Vanhaverbeke, conservatrice en chef au département des Sculptures du musée du Louvre, et Alejandro Nuevo Gómez, directeur du Museo Nacional de Escultura, Valladolid. Le billet donne accès à cette exposition et à Zurbarán 1598-1664 ; plein tarif 22 € pour les résidents de l’EEE, 32 € hors EEE, gratuité sous conditions. Mini-visites introductives de 20 minutes les mercredis et vendredis en nocturne. Catalogue : coédition musée du Louvre / Liénart, 168 pages, 76 illustrations, 29 €. Une saison culturelle, « L’Espagne au Louvre », accompagne les deux expositions.

    Sources : Page officielle de l’exposition, musée du Louvre · Espace presse du musée du Louvre

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

  • Mary Cassatt à Orsay : l’hommage que la France lui devait

    Mary Cassatt à Orsay : l’hommage que la France lui devait

    Elle a vécu une soixantaine d’années en France, exposé à quatre reprises avec les impressionnistes à l’invitation d’Edgar Degas, et pourtant Mary Cassatt (1844-1926) n’avait jamais eu droit, dans les musées nationaux français, à une grande exposition. C’est chose faite depuis ce 6 octobre 2026 : le musée d’Orsay ouvre « Mary Cassatt. L’indépendante », présentée par le musée comme la première exposition majeure que lui consacrent les musées nationaux. Elle se tient jusqu’au 31 janvier 2027 et marque le centenaire de la disparition de l’artiste.

    Le retard est réel. Les archives d’Orsay ne gardent la trace que d’une présentation antérieure, en 1988, conçue avec la Bibliothèque nationale et centrée sur l’œuvre graphique. Près de quarante ans plus tard, l’ambition a changé d’échelle : près de 80 tableaux, pastels et estampes couvrant toute la carrière, des œuvres de collections européennes publiques et privées rarement montrées, des prêts américains peu vus hors des États-Unis, et l’appui de lettres inédites.

    Présentée au niveau 0, dans le grand espace d’exposition du musée, avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, l’exposition voyagera ensuite à la National Portrait Gallery de Londres (4 mars – 6 juin 2027) puis au Museum of Fine Arts de Boston (7 juillet – 28 novembre 2027).

    Mary Cassatt, Femme dans une loge, 1879
    Mary Cassatt, Femme dans une loge, 1879. Huile sur toile, 81,5 × 59,5 cm. Philadelphia Museum of Art, legs de Charlotte Dorrance Wright, 1978 (1978.1.5). Image courtesy of the Philadelphia Museum of Art. Visuel presse : musée d’Orsay.

    L’indépendance comme grille de lecture

    Tout est dans le titre. « Je suis indépendante ! », proclamait-elle. L’exposition la prend au mot et relit sa trajectoire à travers ce principe directeur plutôt qu’à travers l’étiquette de peintre des « mères à l’enfant » qui lui colle à la peau. Le déplacement est salutaire : ce genre, rappelle Orsay, était aussi une stratégie de marché — un sujet très demandé qu’elle maîtrisait et vendait, parallèlement aux portraits de commande. Ce qui semblait l’enfermer devient alors le signe d’une vraie lucidité professionnelle.

    Tout aussi décisif : son rôle de « consultante » auprès de proches et d’amis américains qui constituaient leurs collections, notamment impressionnistes. Pour comprendre comment tant de peinture française de cette époque a trouvé place dans les musées américains, ce fil est essentiel. Cassatt n’était pas seulement une peintre du mouvement ; elle en fut l’un des relais outre-Atlantique.

    Mary Cassatt, Le Thé, vers 1880
    Mary Cassatt, Le Thé, vers 1880. Huile sur toile, 64,8 × 92,1 cm. Boston, Museum of Fine Arts, Fonds M. Theresa B. Hopkins. Photography © Museum of Fine Arts, Boston. Visuel presse : musée d’Orsay.

    Le décor disparu et la salle du suffrage

    Deux sections promettent le plus de nouveauté. La première évoque Modern Woman, le décor monumental (environ 4 × 18 m) réalisé pour le Pavillon de la Femme de l’Exposition universelle de Chicago en 1893 — la plus importante commande de sa carrière, aujourd’hui disparue —, à travers estampes et pastels liés au projet et un film proposant sa restauration numérique. Les Dix Planches en couleurs sont relues dans cette même phase expérimentale, liée à ses idées progressistes sur l’éducation des femmes.

    Le parcours se clôt sur le terrain politique, avec une sélection de tableaux présentés en 1915 à New York lors de l’exposition qu’elle organisa avec son amie Louisine Havemeyer au profit du suffrage féminin. Finir là, c’est affirmer que son indépendance débordait l’atelier et le marché pour devenir engagement public.

    Mary Cassatt, Lilas à la fenêtre, vers 1880-1883
    Mary Cassatt, Lilas à la fenêtre, vers 1880-1883. Huile sur toile, 61,5 × 51,1 cm. New York, The Metropolitan Museum of Art, don de M. et Mme Douglas Dillon, 1997. © The Metropolitan Museum of Art, Dist. GrandPalaisRmn / image of the MMA. Visuel presse : musée d’Orsay.

    Pourquoi maintenant

    Le commissariat réunit Caroline Corbeau-Parsons et Anne Robbins (musée d’Orsay), Sarah Moulden (National Portrait Gallery, Londres) et Erica Hirshler (Museum of Fine Arts, Boston). L’exposition s’inscrit dans les 40 ans du musée, et l’achat en 2026 de la Jeune fille au banjo (1894), qui ouvre la page de l’exposition, laisse penser que l’institution entend inscrire cet intérêt dans la durée.

    Pour les lecteurs de Honargardi, l’exposition pose une question familière dans un cadre nouveau : comment les institutions réintègrent-elles les artistes femmes dans des histoires dont elles n’ont jamais été absentes ? En France, où Cassatt a vécu et travaillé l’essentiel de sa vie, le premier grand hommage des musées nationaux arrive un siècle après sa mort — et selon les termes qu’elle avait elle-même choisis.

    Mary Cassatt. L’indépendante — musée d’Orsay, Paris, du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027.
    Source : musée d’Orsay, page officielle de l’exposition
    Dossier presse : espace presse du musée d’Orsay

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

  • Zurbarán au Louvre : le peintre du silence investit le Hall Napoléon

    Zurbarán au Louvre : le peintre du silence investit le Hall Napoléon

    Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027, le Louvre présente dans le Hall Napoléon « Zurbarán 1598-1664 », rétrospective organisée avec la National Gallery de Londres et l’Art Institute of Chicago. Francisco de Zurbarán compte, avec Velázquez et Murillo, parmi les plus grands peintres espagnols du XVIIe siècle ; il reste pourtant, des trois, le moins familier du grand public.

    La présentation du musée est éclairante. Longtemps rangé parmi les caravagesques marqués par l’ascétisme monastique, Zurbarán n’a été reconnu qu’au XXe siècle comme un coloriste prodigieux, au style immédiatement identifiable, qui allie la simplification des volumes à un naturalisme saisissant. Le Louvre ne revendique pas une monographie exhaustive mais une sélection ambitieuse de tableaux de premier ordre, en sept sections suivant une logique chrono-thématique qui s’autorise parfois des regroupements hors chronologie.

    L’ampleur est réelle : selon le communiqué du Louvre, 65 tableaux sont réunis, dont 50 de la main du maître. Si Zurbarán a fait l’objet de plusieurs expositions au cours de la dernière décennie, son œuvre n’avait pas bénéficié d’une présentation internationale de cette envergure depuis la monographie du Metropolitan Museum of Art et du Grand Palais, en 1987-1988.

    Francisco de Zurbarán, Crucifixion
    Francisco de Zurbarán, Crucifixion. CC0 The Art Institute of Chicago. Visuel presse : musée du Louvre.

    Moines, saintes et natures mortes

    Les grandes toiles issues des commandes monastiques andalouses, qui ont fait sa renommée, occupent le premier plan, mais portraits et natures mortes ont toute leur place, tout comme la courte production de son fils Juan de Zurbarán (1620-1649) — occasion rare de confronter l’œuvre du fils à celle du père. L’image qui ouvre la page de l’exposition, Sainte Casilda (vers 1635, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid), résume beaucoup : une figure seule, somptueusement vêtue, sur fond d’obscurité, entre portrait de cour et image de dévotion.

    Francisco de Zurbarán, L'Exposition du corps de saint Bonaventure
    Francisco de Zurbarán, L’Exposition du corps de saint Bonaventure. © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux. Visuel presse : musée du Louvre.

    Un épilogue moderne

    Le choix le plus parlant intervient à la fin : quelques œuvres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle — Édouard Manet, Pablo Picasso, Juan Gris — referment le parcours et rappellent l’importance de Zurbarán pour les avant-gardes françaises. Ce dépouillement des formes et cette lumière intense, lus hier comme piété, apparaissent aujourd’hui comme une audace plastique.

    Francisco de Zurbarán, Saint Sérapion
    Francisco de Zurbarán, Saint Sérapion. © Allen Phillips / Wadsworth Atheneum. Visuel presse : musée du Louvre.

    Un automne espagnol

    La rétrospective partage son espace, et une scénographie conçue conjointement, avec « Sculpter la couleur », consacrée aux chefs-d’œuvre du musée national de Sculpture de Valladolid ; un même billet donne accès aux deux. Autour d’elles, le Louvre déploie une véritable saison espagnole : concert d’ouverture de l’Ensemble Cantoria dirigé par Jorge Losana le 7 octobre, carte blanche cinéma à Rossy de Palma, conférences et « Grand Week-end Espagne » en décembre. Le commissariat est assuré par Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures, avec Francesca Whitlum-Cooper et Daniel Sobrino Ralston (National Gallery) et Rebecca Long (Art Institute of Chicago).

    Ce dialogue entre dévotion peinte et dévotion sculptée constitue la thèse discrète de la saison. Dans l’Espagne du XVIIe siècle, les deux arts rivalisaient pour rendre le sacré tangible ; côte à côte, les figures presque sculpturales de Zurbarán pourraient enfin apparaître pour ce qu’elles étaient : des images faites non seulement pour être regardées, mais pour être ressenties.

    Zurbarán 1598-1664 — musée du Louvre, Hall Napoléon, du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027.
    Source : musée du Louvre, page officielle de l’exposition
    Dossier presse : espace presse du musée du Louvre

    Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

  • Les 10 ans d’Asia Now : une plateforme mondiale pour l’art asiatique contemporain

    Les 10 ans d’Asia Now : une plateforme mondiale pour l’art asiatique contemporain

    Asia Now Paris revient à la Monnaie de Paris du 17 au 20 octobre 2024, pour célébrer son 10e anniversaire ! Plateforme de premier plan pour l’art asiatique contemporain, cette édition réunit plus de 70 galeries venues de 21 pays, mettant en avant des artistes émergents et établis d’Asie et de sa diaspora. Avec des installations organisées, des performances live et des ateliers d’artistes, Asia Now est bien plus qu’une simple foire d’art — c’est une célébration de la diversité culturelle et des rituels communautaires.

    Des artistes et galeries iraniens sont également à l’honneur cette année avec des œuvres qui invitent à la réflexion. Hamid Shams, présenté par la Galerie Simine, propose une performance puissante intitulée « Mehregan : Maybe a Love Story », mêlant la mythologie iranienne aux luttes contemporaines pour la liberté. Par ailleurs, Maryam Khosrovani et Atieh Sohrabi présentent des œuvres singulières explorant les thèmes de l’identité et de la diaspora. Ne manquez pas l’occasion de vivre cet événement dynamique à la Monnaie de Paris !

    0:00 Cérémonie

    6:56 Performance de Hamid Shams — Simine Paris

    9:46 Tahmineh Monzavi — Felix Frachon Gallery

    10:12 Toufan Hosseiny — Felix Frachon Gallery

    10:38 Atieh Sohrabi — Roya Khadjavi Projects

    10:53 Maryam Khosrovani — Roya Khadjavi Projects

  • Menart Fair 2024 : un focus sur les artistes femmes de la région MENA

    Menart Fair 2024 : un focus sur les artistes femmes de la région MENA

    La 5e édition du Menart Fair, l’un des événements internationaux les plus importants dédiés à l’art moderne et contemporain, se tiendra du 20 au 22 septembre 2024 dans le quartier du Marais à Paris. Fondé en 2021 par Laure d’Hauteville, le Menart Fair est consacré à la présentation des œuvres d’artistes majeurs du Levant, du Golfe Persique et d’Afrique du Nord.

    Dans ce reportage spécial de Honargardi, nous avons eu des conversations éclairantes avec deux artistes de premier plan, Mme Leila Varasteh et Mme Morvarid K. Mme Leila Varasteh est l’une des fondatrices de Simine Paris. Depuis plus de trente ans, elle se consacre à la promotion de l’art et des artistes iraniens en Europe. Tout au long de sa carrière, elle a organisé et présenté de nombreuses expositions et rétrospectives dans des galeries, musées et institutions culturelles prestigieux. Elle a également été chargée de la sélection d’œuvres pour plusieurs grandes collections privées. Lors de notre conversation avec Mme Varasteh, nous avons évoqué l’art iranien, sa présentation à Paris et les défis auxquels ce domaine est confronté.

    Nous nous sommes également entretenus avec Mme Morvarid à propos de ses œuvres et de ses démarches artistiques, en explorant ses expériences personnelles et sa vision de la création.

    Cette édition met l’accent sur la scène artistique féminine de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), mettant en lumière l’héritage des artistes femmes pionnières tout en présentant des créatrices contemporaines et émergentes.

    Cet événement entièrement féminin va au-delà des questions de genre pour sensibiliser à la richesse et à l’importance de la scène artistique féminine dans le monde arabe et en Iran. La foire se tiendra à la Galerie Joseph Saint-Merri, un espace qui abritait auparavant le musée Pierre Cardin.

    Le programme comprend des tables rondes, des présentations vidéo et la participation de musées et d’institutions culturelles de la région MENA. Une trentaine de galeries, dont certaines spécialisées en art et en design, seront présentes à cet événement. Le Menart Fair sert de plateforme pour la découverte de l’art émergent et facilite les échanges culturels entre artistes et institutions artistiques internationales.