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Zurbarán au Louvre : le peintre du silence investit le Hall Napoléon - Honargardi

Zurbarán au Louvre : le peintre du silence investit le Hall Napoléon

Francisco de Zurbarán, Sainte Casilda

Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027, le Louvre présente dans le Hall Napoléon « Zurbarán 1598-1664 », rétrospective organisée avec la National Gallery de Londres et l’Art Institute of Chicago. Francisco de Zurbarán compte, avec Velázquez et Murillo, parmi les plus grands peintres espagnols du XVIIe siècle ; il reste pourtant, des trois, le moins familier du grand public.

La présentation du musée est éclairante. Longtemps rangé parmi les caravagesques marqués par l’ascétisme monastique, Zurbarán n’a été reconnu qu’au XXe siècle comme un coloriste prodigieux, au style immédiatement identifiable, qui allie la simplification des volumes à un naturalisme saisissant. Le Louvre ne revendique pas une monographie exhaustive mais une sélection ambitieuse de tableaux de premier ordre, en sept sections suivant une logique chrono-thématique qui s’autorise parfois des regroupements hors chronologie.

L’ampleur est réelle : selon le communiqué du Louvre, 65 tableaux sont réunis, dont 50 de la main du maître. Si Zurbarán a fait l’objet de plusieurs expositions au cours de la dernière décennie, son œuvre n’avait pas bénéficié d’une présentation internationale de cette envergure depuis la monographie du Metropolitan Museum of Art et du Grand Palais, en 1987-1988.

Francisco de Zurbarán, Crucifixion
Francisco de Zurbarán, Crucifixion. CC0 The Art Institute of Chicago. Visuel presse : musée du Louvre.

Moines, saintes et natures mortes

Les grandes toiles issues des commandes monastiques andalouses, qui ont fait sa renommée, occupent le premier plan, mais portraits et natures mortes ont toute leur place, tout comme la courte production de son fils Juan de Zurbarán (1620-1649) — occasion rare de confronter l’œuvre du fils à celle du père. L’image qui ouvre la page de l’exposition, Sainte Casilda (vers 1635, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid), résume beaucoup : une figure seule, somptueusement vêtue, sur fond d’obscurité, entre portrait de cour et image de dévotion.

Francisco de Zurbarán, L'Exposition du corps de saint Bonaventure
Francisco de Zurbarán, L’Exposition du corps de saint Bonaventure. © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux. Visuel presse : musée du Louvre.

Un épilogue moderne

Le choix le plus parlant intervient à la fin : quelques œuvres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle — Édouard Manet, Pablo Picasso, Juan Gris — referment le parcours et rappellent l’importance de Zurbarán pour les avant-gardes françaises. Ce dépouillement des formes et cette lumière intense, lus hier comme piété, apparaissent aujourd’hui comme une audace plastique.

Francisco de Zurbarán, Saint Sérapion
Francisco de Zurbarán, Saint Sérapion. © Allen Phillips / Wadsworth Atheneum. Visuel presse : musée du Louvre.

Un automne espagnol

La rétrospective partage son espace, et une scénographie conçue conjointement, avec « Sculpter la couleur », consacrée aux chefs-d’œuvre du musée national de Sculpture de Valladolid ; un même billet donne accès aux deux. Autour d’elles, le Louvre déploie une véritable saison espagnole : concert d’ouverture de l’Ensemble Cantoria dirigé par Jorge Losana le 7 octobre, carte blanche cinéma à Rossy de Palma, conférences et « Grand Week-end Espagne » en décembre. Le commissariat est assuré par Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures, avec Francesca Whitlum-Cooper et Daniel Sobrino Ralston (National Gallery) et Rebecca Long (Art Institute of Chicago).

Ce dialogue entre dévotion peinte et dévotion sculptée constitue la thèse discrète de la saison. Dans l’Espagne du XVIIe siècle, les deux arts rivalisaient pour rendre le sacré tangible ; côte à côte, les figures presque sculpturales de Zurbarán pourraient enfin apparaître pour ce qu’elles étaient : des images faites non seulement pour être regardées, mais pour être ressenties.

Zurbarán 1598-1664 — musée du Louvre, Hall Napoléon, du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027.
Source : musée du Louvre, page officielle de l’exposition
Dossier presse : espace presse du musée du Louvre

Cet article a été préparé avec l’aide de l’intelligence artificielle et revu par la rédaction de Honargardi.

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